Réminiscence ft. M. Adelynn Delaš
 :: iii.zootopie :: tundratown

Messages : 63
Localisation : Toundratown
avatar
Niels Sarëns
programmeur informatique + ocelot
Mer 20 Juin - 18:24

Réminiscence
Dehors, la neige est là, recouvrant les habituations et autres routes d’un fin manteau blanc. Elle ne tombe pas encore drue mais ce n’est qu’une question d’heures. Chaudement emmitouflé dans ton manteau, une épaisse écharpe autour du coup, masquant le bas de ton visage, tu affrontes le froid. Tes pas parfois malhabiles crissent sur le sol glacé, tu manques même de chuter parfois. Mais que le sol soit gelé comme aujourd’hui ou bien sec sous la chaleur du désert, ça ne change rien pour toi. Maudite patte folle, maudits troubles de l’équilibre. Et encore, tu as fait un effort pour ne pas apeurer les gens. Tu as ton œil de verre. Cet élément fabriqué par l’homme qui ne te rend pas la vue que tu as en partie perdue mais qui te rends un peu moins effrayant pour les gens qui te croisent lorsque tu ne les évites pas.

Tandis que tu te stoppes quelques instants pour reprendre ton souffle, ton regard fauve se perds sur les gens qui t’entourent. Des enfants qui se lancent des boules de neiges, des gens qui rentrent de leurs courses ou bien du travail. Des gens d’ici, qui supportent mieux la fraicheur ambiante que toi. Un félin d’Amérique perdu au pays des manchots. Cette remarque un peu réductrice te tire un sourire amer. Non, tu n’es pas à ta place dans ce quartier où tu habites depuis bientôt deux ans. Et pourtant c’est toi qui a choisi de changer de vie. De devenir un inconnu là où tu n’as pas ta place. Tu as bien acquis quelques habitudes au tabac du coins ou à la supérette à côté de ton appartement, mais tu n’as pas cherché à te lier avec tes voisins, avec les autres thérianthropes des environs. Non. Qu’ils soient proies ou prédateurs, tu ne le prêtes aucune attention. Tu sens seulement leur regard sur ta silhouette déroutante. Ces regards qui te sont si douloureux et qui peuvent te mettre dans une rage folle quand ton moral n’est plus.

Tu ne sais guère ce qui t’a poussé à sortir aujourd’hui Niels. Tu as pourtant du travail qui t’attend, des lignes de codes à vérifier, une illusion de vie numérique à faire vivre. Cean a une vie intéressante lui. Des amis, des connaissances, un réseau. Toi, tu te contentes de survivre. Mais il y a ce sentiment d’oppression qui te coupe le souffle, ce goût amer dans la bouche. Cette intuition, ce sixième sens qui te dis que tu ne dois pas rester enfermer. Cet instinct animal, cet instinct de prédateur. Oh non, tu ne t’en prendras jamais à une autre personne, il n’y a aucun doute à avoir. Cette colère, c’est contre toi que tu la diriges. Dans cet univers où la loi du plus fort cherche à reprendre ses droits, tu ne te sens pas à ta place. Ce qui te semblait acquis n’est plus qu’utopie aujourd’hui. Ta main se crispe un peu plus sur la béquille, ta douce amie qui t’accompagne dans le moindre de tes déplacements. Un pas après l’autre, te voilà reparti.

Et quand tu vois le véhicule de droite percuter la voiture de gauche, ton esprit hurle « Merde, pas encore ». Et ton regard, lui se voile de gris. C’est trop douloureux de se souvenir.




Invité
Invité
Lun 9 Juil - 19:19

remind me
Il y a des journées ou les choses commencent mal. Se disputer avec son frère jumeau pour démarrer la journée n’avait pas aider. Ça lui fait de la peine à Adalynn, parce qu’au fond elle l’aime. Et elle sait que tout est lié à la mort de leur mère. Mais elle a mal quand même. Elle le cache, elle le dissimule, elle essaie d’aller mieux, mais cette situation la pèse. D’autant que leur père n’est pas l’homme le plus compréhensif et agréable, malgré tout l’amour qu’il éprouve pour ses enfants.

Alors Adalynn travaille. Dur. Elle enchaîne les heures. Parce qu’elle ne veut pas penser. Elle ne veut pas être toute seule à réfléchir à ce qu’elle a trouvé. A ce qu’elle n’a pas encore avouer à son frère. Parce qu’elle ne sait pas comment lui dire. Elle ne sait pas comment agir face à ça. Elle sait que ça ne durera pas. Elle ne veut pas que ça dure. Mais elle ne sait pas si elle doit en parler avant à son père ou non.

C’est pour ça qu’elle évite au maximum la maison.
Alors la journée, elle enchaîne les heures au lycée.
Et elle prend ses services à l’hôpital en priorité. Ses horaires sont aménagés mois par mois en fonction. Et elle dort principalement dans les salles de garde. Ou alors elle rentre simplement pour manger et dormir.

C’est ce qui a conduit son supérieur à lui imposer une journée de congé après quelques erreurs. Rien d’alarmant pour le patient mais, la fatigue est le plus grand ennemi dans son métier. Alors, elle a été sommée de prendre des congés.

Du coup, elle avait fait un peu de ménage, appelé Noah, s’était énervée. Elle avait fini la matinée en prenant un bain, tentant de se détendre vainement.

Finalement, elle ne tenait pas en place. Alors, après avoir rapidement déjeuner sur le pouce, elle prit son sac à main, vérifia le contenu de celui-ci et s’arrêta devant le miroir.

Adalynn avait toujours été plutôt coquette. Son métier l’empêchait parfois de l’être trop mais, elle tentait tout de même de garder une certaine tenue. Aujourd’hui, elle avait choisi une robe en laine beige avec une paire de collants de laine marron et une paire de bottes à talons en cuir camel. Mais, en voyant la neige qui avait recouvert le perron de leur maison, elle décida d’opter pour une paire de ranger de la même couleur. Une grosse veste bien chaude pour parfaire le tout. Un bonnet blanc, un sac noir et elle se mit en route. Elle n’avait aucune idée de sa destination.

Et si elle avait su, elle aurait pu l’empêcher. Elle sortait d’une boutique de cosmétique lorsqu’elle aperçu l’accident. Un véhicule a dérapé à cause de la neige, emportant avec lui un autre véhicule. Le choc est violent et, ni une ni deux, la jeune femme s’élance pour apporter son aide.

« Ecartez-vous, je suis infirmière, merci d’appeler une ambulance. »

Les gens ont le don pour toujours s’attrouper autour d’un accident dans rien faire. Sans aider. Elle commence par s’inquiété de l’état des conducteurs. Un enfant est situé sur le siège arrière. Il semble en bon état, il pleure, mais elle ne peut pas le diagnostiquer si loin.
Le premier conducteur est inconscient. Le second est conscient mais incapable de bouger.

Adalynn est efficace dans son métier alors, elle applique à la lettre les procédures apprises au cours de ses nombreuses années de travail. Elle fait en sorte que les hommes et le petit garçon puisse survivre le plus longtemps possible.

Elle lève les yeux lorsqu’elle entend le son de l’ambulance au bout de la rue. C’est là qu’elle le voit.

Niels Sarëns.

Elle se souvient parfaitement de lui. Elle aimait beaucoup le jeune homme. Alors, elle approche de lui, posant une main sur son épaule.

Parce qu’il n’a pas l’air d’aller bien.
Parce que personne n’irait bien dans cette situation, connaissant son passé.

« Niels, tout va bien ? »

Adalynn a souvent pris le parti d’appeler ses patients par leur prénom. Elle s’est rendue compte que ça les rassurait. Elle reste néanmoins courtoise et polie, n’essayant pas non plus d’instaurer une relation amicale. Elle souhaite simplement qu’ils se remettent plus vite.




Page 1 sur 1