One more night | Basile ►
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Summer D. Gallagher
étudiant en art + souris
Ven 22 Juin - 22:09


Let me see your fears




One more night
-I-
“Fear cuts deeper than swords.”
― George R.R. Martin


- Crying in the club -


Et tu bois, Summer, tu bois tes rêves et tes illusions, tu noies tes cauchemars et tes peurs. C'est l'espoir que tes démons ne savent pas nager, l'espoir que ça les tuera quitte à ce que tu partes avec, que tes poumons se remplissent d'eau eux aussi, que tu boives la tasse et que tu sombres au fond des abysses. C'est le risque à prendre pour avoir du répit, Summer. Brimer les peurs qui ne peuvent exister. Qui ne doivent exister. La peur de nos peurs voilà ce qui est encore plus vicieux.
C'est l'histoire d'un instant, d'une nuit volée au monde où tu goûtes aux exquises allégresses que la vie peut te porter. C'est beau, Summer, fragile et sincère, c'est une candeur merveilleuse qui se plaît à être souillée mais que t'oublies au soleil levé. Tu effaces et nettoies les bavures pour que rien n'entrave à la blancheur immaculé et au sourire enjoué. Tu laisses tes monstres et fantômes dans la nuit, c'est ta boîte de pandore, celle que tu n'ouvres qu'à la nuit tombée, à l'abri des regards indiscrets. Beaucoup trop sombre et impénétrable pour que quelqu'un ne veuille oser s'approcher, toi même tu t'en tiens éloigné, l'ouvrir est sacrilège alors tu oublies ce que tu y vois et ce que tu en fais. C'est une arcane, tu t'abandonnes à ton exutoire espérant te retrouver le lendemain et comme à chaque fois, tu n'en parleras pas, tu n'y penseras pas et tu oublieras.
C'est ce qu'il faut faire, parce qu'avouer fait peur. Reconnaître ses peurs est terrifiant. Ça ne les rend qu'un peu plus réels comme si jusqu'à là, ils t'étaient invisibles.Tu ne te reconnais pas Summer, ça te ressemble pas. Tu as le sourire merveilleux,le « je ne sais quoi » dans les yeux mais tu portes le poids des injustices sur tes épaules, pas assez larges, pas assez fortes, c'est une lutte contre ton corps qui ne demande qu'à s'écrouler et toi qui ne te demande qu'à avancer si ce n'est courir. Au fond, t'es pt'être un peu cassé, un blessé, un écorché  mais tu jures que tout va bien et tu nies. Tu oublies tes déboires, la débauche de ton cœur et les hauts le cœur de ton âme.
Mais faut pas se leurrer.
Les larmes versées tu les combles par l'alcool qui te brûle ta gorge. C'est les flammes ardentes du plaisir envoûtant, celui qui oxyde les cris étouffés. Ceux qui restent coincés.
C'est la boule dans la gorge, celle que l'on ravale parce qu'on peut pas se laisser aller, qu'il faut faire bonne figure et parce que faut pas s'effondrer, on en a envie putain, ouais, juste de se laisser aller parce que de toute façon le monde ne s'arrêtera pas de tourner. Mais faut pas. Alors c'est le sourire coincé que l'on offre pour compenser, le sourire un peu froissé quoi que déchiré. C'est les yeux explosés et la gorge coupée par les mots que l'on ne dit pas. C'est tout les non dits, les secrets et les inavoués. Tout ce que l'on tait et que l'on cache, nan parce que merde, faut se retenir, on est en public. Et en public on se dévoile pas, faut tenir encore un peu, après on pourra s'effondrer, après on pourra pleurer, mussé derrière nos draps pour que la douleur incoercible qui nous prend jusqu'aux entrailles dévaste notre visage.
Ce sont les rires transformés en pleurs, les sourires hideux et les larmes joyeuses, c'est tout un paradoxe, un appel à l'aide lorsque l'on sait que personne ne peut nous entendre.
Parce qu'on a du mal à se l'avouer.
Que des fois ça va pas.
Y a personne pour nous épauler.
Non pas qu'on le cherche.
Mais c'est juste que des fois, on arrive pas à se relever.
Y a les jambes qui veulent pas, la tête qui tourne, et y a tout qui s'effondre, on perd pieds et finalement, p't'être la tête aussi.
Alors on attend, cachés derrières nos sourires, qu'un jour quelqu'un vienne et nous dise qu'il sait, même si sûrement on prétendra qu'il a faux, doucement et petit à petit, peut être qu'on saura lâcher prise et dire oui, le reconnaître.
Enfin.
Et arrêter de nier en bloc parce que ça froisse, parce que ça frustre, parce qu'on sait pas, tout simplement. Pas comment le dire, pas comment penser, pas comment faire, pas comment avancer, on sait rien. Nous sommes des ignorants qui inventons des réponses à des questions jamais prononcées parce que ça donne le change, ça fait illusion.
Et tu cherches, tu regardes, tu laisses tes yeux parcourir les visages qui prendront les vestiges de leurs excès le lendemain. Le tiens ne sera semblable qu'à celui que tu portes quotidiennement, souriant mais encombré d'un teint un peu trop pâle et des cernes plus ou moins présentes. La faute à ta santé fragile.
Et tu continues de chercher quelque chose qui t'es inconnu, tu scrutes, tu sondes, tu vois, tu vois vraiment, tu déposes ton regard sur les visages et les corps, tu te laisses aller au jeu des regards mais pas plus loin, pas ce soir. Et tu dénotes un peu, Summer, t'as l'air fragile, pur et sincère, trop, certainement trop, trop calme et trop paisible, c'est une douce déliquescence qui cache la violence et l'amertume. La douleur lancinante qui creuse à l'intérieur et ronge jusqu'aux tréfonds de notre cœur.
Parce que tu sais bien, Summer, que c'est pas normal de vouloir boire jusqu'à oublier. De rechercher l'amnésie histoire que l'on anesthésie les douleurs du jour. Parce que ça te prend aux tripes. Tout. Alors tu sais que c'est pas normal non plus de vouloir fumer jusqu'à s'embrumer, les poumons en décomposition et la gorge déglinguée. Mais voyez, c'est une solution, c'est un lâché prise où tu te laisses tomber dans le vide sans savoir ce qu'il y a, là bas, tout au fond. Tu lâches tout Summer et le risque, c'est que tu tombes dans le vide, encore, encore et encore.
Accoudé au bar, les yeux luisants posés sur ton verre, tu fais face aux limbes qui s'offrent à toi, c'est la chute libre après l'euphorie et l'exalte délicieuse qui t'ont porté jusqu'au ciel, maintenant, c'est la gifle que tu reçois en pleine figure, celle qui te fait bouffer le bitume et qui t'écrase la tête contre le sol.
La réalité et le temps qui passe.
Les heures qui s'enlacent et les minutes qui trépassent.
Les secondes qui te fracassent.
Et ça te fait mal, Summer, ça te dilacère entièrement. Tu voudrais revenir à ces quelques heures plus tôt, quand c'était l’ataraxie fabuleuse qui te promettait la quintessence des sourires et des rires. C'était toi entre les corps mouvants, chair contre chair, les souffles mêlés où la musique guidait les corps, toi qui te fondais si bien dans la masse, le sourire ravageur, les bras dansant, la voix un peu éraillée à force de crier. L'alcool vulnéraire et la fumée illusionniste. Tu regardes alors autour de toi, l'air mélancolique, léger sourire flottant, les yeux dans le vague, t'as trop bu. Trop bu ça veut dire 2-3 verres de tu ne sais quel alcool qu'un mec t'as payé. Tu gravis vite les échelons, un te rend euphorique, le deuxième p't'être un peu entreprenant et le troisième c'est celui de trop. Celui qui t’enmènes sans te ramener, ce n'est peut-être pas plus mal finalement.
Tu soupires légèrement, les yeux explosés avant de te lever tant bien que mal, chancelant légèrement en riant de ta démarche.
Mieux vaut en rire qu'en pleurer.

C'est qu'le sol tangue dis-donc ! Et ça tangue, et ça penche, et ça tangue encore, et ça penche, et ça tanche … ou pengue … tu sais plus

Le sol semble se rapprocher si ce n'est toi qui te rapproche de lui mais la foule te maintient debout. Tu te fraies alors un passage tout en fronçant les sourcils, trop de bruit.
Vraiment.
Trop de bruit.
Et trop chaud aussi pourtant t'as froid, parce que t'as tout le temps froid.
Tu entreprends alors de descendre les escaliers pour arriver à l'étage du dessous où cette fois le bar a la priorité. Bien que le volume sonore soit toujours élevé, la musique y est moins forte pour que l'on puisse parler sans avoir à crier. Tu dois avoir l'air un peu shooté, Summer, les cheveux décoiffés, non pas qu'ils soient réellement coiffé en temps normal, mais t'as un léger sourire et les yeux luisants. Ton sourire se fait rarement évanescent, quoique labile, il sait se faire volitif pour offrir à ceux qui ne te croient pas, l'assurance que tout va bien
mais n'est-ce pas d'avantage pour toi même que pour les autres, Summer ? -

Tu te poses lourdement sur l'un des tabourets du bar où tu vas vite à commander un café. La tasse chaude et fumante arrive peu de temps après, non pas que tu aies encore la notion de temps, mais il te le semble. Tu tournes ta cuillère dans le liquide, souriant légèrement comme si tu y voyais quelque chose que toi seul pouvait voir. Un sourire triste. Quoiqu'un brin enfantin. Finalement, c'est peut-être en ça qu'il aussi triste, Summer. C'est peut être en ça que ton sourire est si douloureux à voir, c'est un sourire  trop triste pour un enfant. Le genre de sourire lourd qui porte le poids de l'incompréhension et de l'ignorance. Le genre de tristesse sincère et pure, celle qui renvoie une fragilité horrible, qui donne l'impression que tout le corps va se briser. Que la voix va éclater en sanglots et que les yeux vont se noyer. Il y a en ça quelque chose de dur et de sombre, trop pour un enfant. Parce que faut le dire, Summer, t'as des responsabilités, tu te dis que tu dois pas flancher, que tu dois pas vaciller, pas un faux pas, pas une fausse note, rien qui n'entraverait ta pureté et en même temps, tes rides prématurées d'un enfant qui se veut faire adulte trop tôt. T'es un paradoxe, Summer, perdu entre l'enfance et le devoir d'être un adulte. Alors tu erres, quelque part entre les deux, entre surmenage et conneries. Et tu te fais surexcité, tu te fais responsable, tu te fais souriant et rieur, tu te fais malade et désireux, tu te fais aussi cachottier et menteur. Et finalement tu vacilles, tu frôles du bout des doigts les délices d'enfant et goûtes aux tentations d'adulte en n'oubliant pas de tester les limites d'adolescent. Parce que ta peur du temps qui se dérobe, ta peur de perdre, que tout glisse entre tes doigts. C'est l'eau qui s'écoule de tes mains en coupelle, le sable fin aussi que tu vois diminuer sans que tu puisses rien y faire. Et le temps qui passe encore et encore alors que tu voudrais le garder pour toi. En profiter encore et encore, inlassablement parce que jamais tu seras assouvi de ta soif de vie. C'est un besoin qui jamais ne se satisfait. Alors tu vis, Summer, tu vis à ta façon, c'est peut être un peu bancale et certainement maladroit, mais c'est beau, quand t'essaies d'arrêter le temps.



J'me donnerai corps et âme pour toi, tu le sais ça ? J'men fous d'avoir mal, jsuis perdu putain, alors laisse moi, j'vais gérer, tu vas voir




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Sam 23 Juin - 0:37


✕ • • •





Ça frappe, ça claque, ça éclate tes tympans sourds. Mais tu te plains pas, t’aimes la chaleur, l’humidité qui se dégage des corps. C’est pas tant ton côté charnel qui parle, t’es un fantôme dématérialisé, tes désirs se sont envolés. C’est l’animal en toi qui se complait dans les bas fonds nocturnes, là où certains expriment leur rut. T’es dans ton élément urbain, fait de bitume et de noctambules qui s’entrechoquent dans une mêlée absurde. On te remarque pas, on te remarque plus. Ta présence proche du degrés zéro fais de toi l’airbag des autres, tu les accueilles malgré toi dans le creux de tes bras, essuie pour eux les revers, les retiens lorsqu’ils vont de travers. Et tu traverses ainsi la marée humain sans la scinder, sans t’y complaire ni t’énerver.

T’es le figurant dans la soirée des autres, le fond vert qui corrige les accidents. La partie est derrière-toi, cela fait des heures que tu t’es perdu dans les remous. T’as déjà usé tous tes tickets, t’as fais le tour des manèges de la nuit, t’es allé au septième ciel et te voilà redescendu. Les jambes ramollies comme après un grand huit, mais l’esprit clair, les sens vivifiés. Et tu plaques tes mèches blondes sur ton crâne, essuyant la sueur accumulée de la naissance de tes cheveux jusqu’à tes tempes bourdonnantes. Ton gosier est sec alors tes pas te mènent jusqu’au bar, repère des soiffards, des vautours se réunissant autour de la marre.

Accoudé, t’observes. Et tu vois cette gueule d’ange au regard perdu, qui n’en peut plus. Qui s’est usé jusqu’à la moelle, qui se sourit à lui-même. Une drôle d’innocence au bout des commissures, quelque chose qui ne fait pas sens, tu renifles la bavure. C’est comme voir un mauvais flashback. Des mèches blondes, un regard clair dans lequel se reflète les stigmates de la soirée. Des pupilles fatiguées dans lesquelles les substances s’alignent comme sur le cadran d’une machine à sous. Ça te paraît lointain et tu penses ça sans être hautain. « Hé. » Ça sort de ta mâchoire fatiguée, mais le son couvre ton appel. Alors tu le réédites, accompagne le geste à la parole. Le bout de ton index vient faire trembler la tasse posée maladroitement sur la soucoupe. De quoi troubler le reflet dans lequel il semblait s’être perdu.

« Pique pas du nez dans ton café. » Tu sors une cigarette de ton paquet éventré, ton poing enterré dans le creux de ta joue et coude reposant sur le bar collant. Elle tient à peine au bout de tes lèvres, ça te donnerais presque un air débraillé. Mais t’esquisses un rapide sourire, t’es pas là pour l’effrayer. Dans le fond, tu lui veux rien, c’est un gamin. T’aimerais juste qu’il rentre chez lui sans s’accrocher à tous les lampadaires qu’il croisera sur son chemin, le sens de l’orientation en panique et le cœur à deux cent à l’heure parce que ces boyaux contrediront ces intentions. « C’est ni le moment, ni le lieu. » Et à tes mots, tu l’allumes, éclairant tes cernes naturelles le temps d’un instant, tes paupières quelque peu veineuses.

« C’est pas en flirtant avec que tu vas décuver. » Et tes sourcils se froncent dans l’amusement, dans la taquinerie qui te caractérise. Tu souffles entre vous la fumée, ouvre un chemin pour ton regard, pour mieux l’observer. Voir ses yeux rougit. Et tu passes ta main sur le bas imberbe de ton visage en souriant, pas vraiment moqueur, mais retenant un sourire amusé. « Y a pas que l’alcool qui fait son effet apparemment. »


HRP — J'espère que ça te conviens, bsx sur ta face. ♥️





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Summer D. Gallagher
étudiant en art + souris
Lun 25 Juin - 8:41


Let me see your fears




One more night
-II-
“Fear cuts deeper than swords.”
― George R.R. Martin


- Crying in the club -


Et ton regard s'accroche, tu n'entends plus vraiment ce qui se passe autour de toi, quelle importance ça a, après tout ? Tu te perds, tu te noies, c'est la contemplation des effets qui s'estompent, qui s'évaporent. T'as les ailes somptueuses, Summer, mais tu les brises, tu les casses et tu te laisses sombrer, te complaisant dans cette sensation de chute libre qui t'offre une rapidité si délicieuse. C'est l'adrénaline dans les veines - mais pas que. C'est exaltant. Et puis ça se trouble. Ça tremble. Tout s'efface et se déforme tandis qu'une main est apparue dans ton champ de vision. Le café ondule avant que tu ne fronces légèrement les sourcils et de tourner la tête, les coumissures relevées, toujours, faut pas trop se perdre non plus. Tes lèvres continuent de jouer au jeu du plus fort. Parce que t'es pas triste, t'es pas bourré, t'es pas shooté. C'est faux. Et c'est ce qu'on dit à chaque fois. Tu plantes tes pupilles dans celles de l'inconnu qui est venu bien malgré toi te récupérer de ton moment d'égarement. Tu le regardes un instant, cherchant si tu le connais. Alors tu le regarde mais certainement un peu trop fixement, faut dire, t'as du mal à bien le voir et ce n'est pas qu'à cause de l'obscurité. C'est l'esprit embrouillé et voilé par la fumée qui s'y est dispersée.
Tes sourcils se lissent, rassuré, mais c'est à peine si ton expression change alors que tu en as l'impression. L'impression que tu ressens tout de façon décuplé, que tout est si prenant, si puissant. Alors finalement tu souris. Un sourire qui ne s'accorde pas avec tes yeux, c'est un contraste violent à voir. Un léger rictus parvient à te trahir parce que le corps ne ment pas, jamais. Tu auras beau aller à l'encontre Summer, tu ne pourras jamais rien faire face à une vérité telle qui transcende ton corps. Parce que tu le traumatises, il n'est qu'un rapporteur de ce qu'on ne dit pas. Il montre ce que nous ne voulons pas. Aller à l'encontre Summer, c'est aller contre toi. Il faudrait que tu le comprennes.
Tu te redresses alors, haussant légèrement les sourcils en secouant la tête

- Mh, nan ... c'est pas dans mes projets "

( quels sont-ils alors, Summer ? ...)
Tu lui adresses un regard en coin avant de porter à ta bouche le liquide chaud qui va vite à glisser le long de ta gorge. Et puis tu le regardes. Encore. Tu le regardes vraiment. Tu laisses tes yeux tracer les traits de son visage. Une nonchalance courbe son corps dont il en ressort seulement une certaine aise et tranquillité. Accoudé au bar, tu le regardes allumer sa cigarette avant de cligner plusieurs fois des yeux, sans forcément t'en rendre compte. Ils piquent. Tu soupires avant de passer une main dans tes cheveux pour les plaquer sur ton crâne et puis de ramener une jambe contre ton torse, le coude sur le bar et la tempe dans ta paume. Ta tête se fait lourde et les traits de ton visage se crispent. Une de tes respirations se transforme en quinte de toux, t'as la gorge qui se fend, ton souffle te lacère la trachée et puis ça se calme.
Sa voix te parvient, tu tournes alors la tête vers l'inconnu, la sueur perle légèrement sur son front tandis qu'un rictus d'amusement y a pris place. Tu penches ta tête, un léger sourire collé au visage, avant que ta voix éraillée ne tente de couvrir le bruit

- C'est pas de ma faute s'il est si irrésistible

Tes yeux dérivent vers la tasse qui se fait toujours aussi fumante alors que ton corps entier appelle à la chaleur pris de légers tremblements.
Il fait froid, finalement.
Trop.
Comme à toujours avec toi.
P't'être encore plus maintenant avec quelques grammes de "tu ne sais quoi" dans le sang.
Alors tu tends ta main vers le récipient, une main tremblante, trop, beaucoup trop. Le pire est que tu sais pourquoi Summer.
Mais tu souris.
Parce qu'il faut toujours sourire.
Toujours.
Ça devie les regards.
Ça fait ravaler les interrogations.
Et fait taire les questions.
Mais tu le sens, Summer, son regard sur toi. Tu passes nerveusement une main dans tes cheveux avant que finalement il le dise.
Ce que tu sais.
Ce qui se voit.
Tu t'arrêtes un instant et poses ton regard sur son visage. Tu ancres tes iris dans les siennes.
Une seconde.
Deux secondes.
Trois
...
Tu sembles y chercher quelque chose, un jugement peut être ? L'esquisse d'un sourire moqueur et accusateur, tu ne sais pas, à vrai dire. Tu y cherchais peut être ce que toi même tu penses. Le reflet de ta culpabilité et de la honte. Finalement tu détournes les yeux, l'air impassible et tranquille, avant que tu ne souffles dans un sourire "ouais ... faut croire"
Un sourire forcé. Ceux gênés. Les pas très beau. Les bancales et les déformés.
Les mots restent coincés, tu les as en travers de la gorge, ceux accumulés. Ça coince et ça t'enserre. Tu tousses un peu avant de lui jeter un regard au travers la fumée et de revenir à ta tasse de café en tournant ta cuillère.

-Et toi ? Du coup ? Pourquoi tu rentres pas ?

Ton regard devie et parcourt la salle, on entend encore le résonnement lourd des personnes qui dansent au dessus malgré la musique qui tonne. Il y a bien quelques malades, des trop bourrés qu'on entend gueuler, des chancelants, des somnolants, les vifs et les désireux.
Mais ton attention revient à l'inconnu.

-C'est visiblement une fin de soirée pour toi, non ?
Enfin, je sais même pas qu'elle heure il est


Ta voix se fait saccadée. Ton attention se détourne et tu te perds dans des détails.
C'est confus, c'est abstrait.
Tu sais pas.
Tu sembles présent et absent.
Tremblant et en sueur.
C'est un doux mélange de sensations fantasques qui exlatent ton esprit et ouvrent les pores de ton âme.
C'est le poids écrasant du refus de voir la réalité.
Alors tu savoures, laissent le flot de tes pensées te trancher l'esprit ou bien s'y écouler doucement, tu te laisses aller.
- mais ça te précipite au bord de la cascade. -
Et puis tu souris, riant légèrement pour une raison qui t'échappe avant de te mordre la lèvre.
Peut être parce que t'as enfin l'impression que le temps se soit arrêter.
P't'être que c'est pour l'éternité, qui sait ?
Et tu seras coincé ici à jamais avec cette inconnu.
C'est juste que c'est drôle, tsais genre, l'impression d'être là sans être là.
C'est drôle, comme sensation, on a surtout l'impression d'exister vraiment tout en étant inatteignable.
C'est grisant putain.
Tsais, tout c'que ça provoque dans ton corps.
Genre, l'adrénaline, genre le bonheur doux et paisible.
Tsais la quintessence de la vie, la joie, la plénitude.
Tout ça.
Jusqu'à la fin.
À jamais.
Tu l'espères, y a bien quelques désagréments mais c'est le prix à payer, pas vrai ?
Tsais ... nan en fait c'est pas drôle, en vrai ça l'est pas.
Vraiment pas.
En vrai, t'es juste en train de te perdre au fond d'un gouffre et il fait noir, terriblement noir, t'es seul et y a juste les secondes qui continuent de faire tic tac, les minutesqui défilent, les heures qui passent pendant que toi, Summer, t'es paumé et que tu les laisses partir sans toi.




J'me donnerai corps et âme pour toi, tu le sais ça ? J'men fous d'avoir mal, jsuis perdu putain, alors laisse moi, j'vais gérer, tu vas voir




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Mar 26 Juin - 13:43


✕ • • •





C’est doux et violent à la fois.
Cet aparté dans ce lieu où cri les corps, où sont sourds les indolents. T’es un drôle de fouineur Basile. Ça se trouve, personne n’a besoin de toi, ta présence est un spam indésirable. Mais tu restes quand même, là, avachi sur le rebord de ce bar, à regarder une gueule d’ange se faner. C’est comme s’il venait de tomber, par hasard. Qu’il s’était retrouvé ici contre son grès. Mais qu’il n’en tenait pas rigueur parce que dans le fond il s’y était bien amusé.
C’est cruel d’être angélique parfois.
Tu le sais bien.
Et toi? Du coup? Pourquoi tu rentres pas?
Oué Basile, pourquoi tu prends tes clic et tes clac, ta curiosité mal placée pour rentrer chez toi? Regarde, regarde-le bien, il a pas besoin de toi. Ni personne, encore moins tes railleries douceâtres.
Ça te fais sourire sur le moment parce que t’as rien d’intelligent à répondre. C’drôle parfois de se heurter à l’inconnu. Mais là t’es venue sans arrières pensées, rien de mal-attentionné, t’es pas là pour enfoncer quelqu’un qui perd déjà pieds.
Ça serait étrange de répondre, j’ai eu un flashback. Je t’ai vu et je me suis pris dix ans de moins. Une claque en arrière, un saut dans le temps, une marelle vers ce que ton esprit avait choisi d’obstruer.
C’est visiblement une fin de soirée pour toi, non?
Un rire te racle la gorge, tu hoches la tête vivement. C’est comme s’il t’avait dit de rentrer te coucher, de redevenir l’arriéré que finalement, t’es. Que ça se voit que tes traits sont tirés, que tu trompes personne. Ton amusement est à bout de souffle, ton intérêt s’est noyé dans le fond d’un verre dernier.
T’as dansé pour chasser tes démons, sué pour évacuer.
Et maintenant, avec tes cheveux plaqués sur ton crâne et tes yeux clairs fatigués, on sent que t’es sur le départ. Tu pourrais pousser le vice, te vautrer dedans. Mais t’aurais peur de pas te réveiller demain matin.
De te lever dans des lieux inconnus.
D’avoir ce sentiment d’être perdu.
Enfin, je sais même pas qu’elle heure il est
Tu pinces tes lèvres, tu te tais. T’aurais aimé lui dire, peut-être l’heure pour toi d’aller te coucher. De partir ici sans regrets. Mais t’es pas là pour jouer l’adulte bonifié. Tu veux pas être moralisateur, ces gens-là t’en as horreur.
C’est juste que parfois, on s’avance un peu trop. On voit quelqu’un, c’est un miroir sur ce que t’as été. Sur des cas similaires face auxquels t’as simplement déserté.
Et là tu t’es dis, tiens.
Tentons.
Quelque chose, rien de fou, parce que t’es pas un héros. T’en as pas l’étoffe de toute façon.
« J’vais pas tarder, effectivement. Mais c’pas comme si on m’attendait quelque part alors je prend mon temps. » Et tu t’arrêtes là, parce que même toi t’as perdu la notion du temps. Tu souffles le tabac, continue d’observer. Vous échangez des banalités, y a des silences qui viennent s’entrechoquer. Mais en réalité t’évites le babillage, parce que son visage est plus bavard que ses mots. Si ses lèvres s’étirent pour mieux sourire, il y a de quoi voir, observer dans le creux de ses iris malmenées.
« Et toi? »
T’attends un instant, tu joues avec une paille entre tes doigts.
« Tu t’amuses toujours? »
Tu sais pas à quoi t’attendre. Est-ce qu’il y aura un sourire sincère, un léger rire, est-ce qu’il va mentir? Tu le regardes, calmement, y a rien de pressant dans ton attitude. T’espères juste qu’il te servira pas une étrange, fausse, béatitude, pour te consoler dans l’idée que t’es indésiré par ici. Mais tu réédites.
« Y a quelqu'un qui t'attends? »
Et tu n'oses pas ajouter, qui s'inquiète?


HRP — ...





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Summer D. Gallagher
étudiant en art + souris
Jeu 28 Juin - 20:26


Let me see your fears




One more night
-III-
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― George R.R. Martin


- Crying in the club -


Et tu divagues, encore, encore un peu plus, toujours un peu plus. Ça te noie, ça t'engloutit, et même si  t'essaies de réprimer tes peurs, Summer, de les repousser à bout de bras, tu sens bien que t'es pas assez fort. T'es pas con, Summer, tu le sais bien que t'es trop faible pour y arriver, qu'y a ton corps qui refuse, qui te lâche mais t'es pas un résigné non plus. Alors tu continues, les mains en sang, le corps prêt à s'effondrer, t'as mal, ouais, ça t'bouffe, t'en baves mais tsais, tu lâcheras jamais, plutôt en crever que de pas réussir.
Parce que t'abandonnes pas, Summer, jamais, tu veux réussir, mieux, toujours mieux, tu vises pas le bien, tu vises plus haut, toujours plus haut, p't'être parce que t'as besoin de prouver quelque chose Summer, de prouver que tu vaux quelque chose, p't'être parce qu'à tes yeux tu vaux rien, tu seras jamais assez bien à côtés de tes parents.
Alors tu te démènes, te donnes corps et âme, c'est pas grave si le corps se casse, abîmé, bouffé, rongé, éclaté en milles morceaux, tu prendras soin de maquiller le désatre d'un sourire et d'un rire. C'est pas grave non plus l'coeur déchiqueté, personne le verra, tsais, faut faire bonne figure, donner le change, parce que les gens évitent les amochés. Ils évitent les cabossés, les torturés comme s'ils portaient en eux une maladie contagieuse. Comme si leurs larmes allaient les noyer.
Alors tu peux pas te le permettre Summer.
T'es pas à plaindre, Summer.
T'as rien à craindre, Summer.
Alors t'as pas le droit.
Tu peux pas.
Faut qu'tu souris, merde, que t'oublies, que t'effaces, que tu renies, que tu illusionnes.
Tu sais manier les apparences, alors faut en jouer.

Mais la vérité, c'est que des fois, t'as les lèvres pincées, le rictus au coin des lèvres, les commissures tremblantes de douleur, tu trébuches dans tes propres pensées, te vautres lamentablement et te prends en pleine gueule tes mensonges.
Et tu cherches même plus à te relever, Summer. Tu ne t'accroches même plus. Tu te laisses tomber dans l'amnésie vespéral. C'est pas que t'abandonnes, c'est pas ça, Summer, tu le jures, mais c'est juste que des fois y a ton putain de corps qui lâche, alors tu fais diversion, avant d'être noyé tu te noies toi-même, tu préfères prendre les devants. C'est plus rassurant.
Et ce soir t'as le souffle coupé, Summer, y a ton corps qui t'as lâché. Tu t'es fissuré, et tu tentes de combler les crevasses.
Mais t'avoues pas.
T'avoues pas que t'y arrives pas .
T'avoues pas à cause de cette fierté malsaine qui t'enlise.
En vérité, y a ton regard qui s'accroche sur les détails, ton attention qui s'détourne parce que t'as pas le droit de compter sur les autres, Summer. C'est sur toi qu'ils doivent compter. Faut pas que tu te méprennes.

En vérité, y a une boule qui s'est formé dans ta gorge quand il t'a dit qu'il ne tarderait pas à partir, en vrai, t'aurais aimé lui dire de rester. En vrai, t'as pas envie de rester seul Summer, en vrai, t'es juste un gosse, un gosse complètement paumé qui s'en veut et qui porte sur ses épaules le poids lourd et déchirant des injustices du monde.

« Et toi? »

« Tu t’amuses toujours? »



Tu sens encore son regard tandis que le tiens plonge inlassablement dans ta tasse de café.
Un sourire vient étirer tes lèvres tandis qu'un rire racle ta gorge. Mais pas d'amusement Summer, c'est un rire amer, un sourire aigre, de ceux qui pincent. Y a les mots qui restent coincés dans ta gorge, t'arrivent pas à les cracher, parce qu'y a tout qui se mélange, entre mensonge et vérité tu sais pas, tu sais plus. Ça se confronte alors tu ravales tes mots. Comme seule réponse tu daignes le regarder, tu le regardes dans les yeux, les lèvres pincées et les yeux explosés. Tu le regardes d'un regard plein de sous entendus, parce que tu sais, malgré tout, qu'il connaît la réponse. Elle semble évidente même si t'aimerais partir, loin, parce que t'as échoué Summer, t'as pas su faire illusion. Et ça te donne envie de vomir. Tu te dégoûtes.
Peut-être que t'as pas assez bu ?
Finalement.
Tu regardes ta tasse de café et tu regrettes ton verre d'alcool. Tes yeux dérivent vers le serveur et tu réfléchis, comme tu peux, y a une voix qui te dit d'en prendre un, juste un autre. Un dernier.
Et t'hésites.

Tu détournes soudainement la tête comme pour stopper ce flot de pensées avant de passer une main tremblante sur ton visage pour effacer ses idées indécentes.

" y a quelqu'un qui t'attend ?"

-Mh ... ouais, il devrait arriver d'ici 30min

Quel beau mensonge, Summer et puis tu te crispes te souvenant de tes paroles ... t'as bien dit que tu ne savais pas quelle heure il était.
Tu ris doucement, nerveusement, mais donnes l'illusion

-Nan, je déconne ... personne

Et t'as peur Summer, t'as peur parce que t'as besoin de quelqu'un mais t'es incapable de le dire, ça se bloque et ça coince.
T'oses pas le regarder, parce que même si tu l'admets pas, t'as peur qu'il ne soit plus là. Comme si tourner ta tête était un pari risqué. Qu'il allait s'évaporer sous un battement de cils. Parce que ouais, sa présence t'empêche de dériver encore et encore et de succomber aux tentations qui se font nombreuses, et finalement, ce n'est pas plus mal, Summer, tu le sais.

-C'était pas drôle

Tu hoches la tête en te mordant la lèvre, tentant un léger regard en coin. Pas trop. Ce serait trop risqué. Mais t'aperçois de la fumée, témoin de sa présence persistente.

-Mais c'est pas plus mal... qu'il n'y ait personne parce que ... ouais ...

Et tu ne termines pas ta phrase, trop dur, t'as pas la force - le courage ? - t'as la voix qui s'enroue et les mains qui tremblent toujours autant. T'as les yeux lourds et fatigués mais pas par le manque de sommeil Summer, nan, à cause de ta lutte, de ton combat qui te fout à feu et à sang alors que c'est vain. T'as ta gueule d'ange défoncée par les tentations pour lesquelles  t'as succombé.
Mais cette fois, tu le regardes, malgré ton léger rire, on entend bien ce que tu ne dis pas, tu le regardes franchement, tsais finalement, t'es bourré donc tu sais pas trop cque tu fais ni cque tu dis, ça se brouille un peu, puis tu le connais pas mais putain, Summer, s'il n'était pas là, tu serais assis par terre contre un mur redoutant ton lit et le lendemain, peut être en train de continuer tes conneries que t'effaceras de toute façon d'un revers de la main.



J'me donnerai corps et âme pour toi, tu le sais ça ? J'men fous d'avoir mal, jsuis perdu putain, alors laisse moi, j'vais gérer, tu vas voir




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Mer 4 Juil - 15:53


✕ • • •





T’es idiot parfois Basile.
Tu tentes de faire bien, mais y a cette maladresse étrange qui t’envahit. Un drôle de mélange. Et à l’entendre, tu comprends. Dans la manière qu’ont ces mots d’être confus, dans les coupures nettes de ces paroles.
Y a pas d’âge pour être embarrassé.
Et c’est pour ça que tu l’es.
Main collée contre ta nuque, tu te sens à court. À court de mots pour rassurer, à court de légitimité pour être assis à côté. T’es un adulte qui pose de drôles de questions à un adolescent. Hors contexte, ça doit être étrange à regarder.
Tes deux mains collées sur tes joues, tu soupires.
« On est un peu nuls tous les deux. »
Et tu ris, te moque de vous, gentiment.
T’écrases le mégot devant toi, t’as pas franchement envie de rire aux éclats. Mais tes commissures sont étirées, tes sourcils haussés.
De quoi placer un silence, un moment de latence.
Mais tu lèves les yeux et les détails te dérangent. Quelque chose te démange. Dans la manière dont ses mains tremblent, son regard qui vient chercher le tiens, comment il se perd. Comme s’il pouvait voir à travers, que t’étais pas là, inexistant.
Et ça te frappe tout d’un coup.
« Aller ça suffit, on va prendre l’air. »
Tu te lèves, soudainement. Si le tabouret était pas vissé au sol, celui-ci se serait probablement renversé. Tu saisis son bras, le relève. Il y a de la brutalité dans tes mouvements Basile, mais c’parce que t’es pressé. Pressé de voir ce visage s’animer à nouveau.
Tes états d’âmes, tu t’en fous.
Vous traversez rapidement, scindez les foules.
L’air frais s’engouffre, le reste du bruit, des cris, est en sourdine.
Ça se referme derrière vous et tu lâches finalement ce bras que t’as serré dans tes paumes comme si tu trainais un enfant. Et tu plaques tes cheveux contre ton crâne Basile, presque furieusement. Ça t’as pris, comme ça.
« Comment tu veux rentrer dans cet état, hein? Tu comptes faire quoi? Camper ici? »
Ça y est.
Te voilà moralisateur, toi qui en a horreur. C’est moche ce que tu fais Basile. C’est moche de perdre patience parce que t’es frustré. Dans le fond, tu le connais pas, tu te mêles de ce qui te regardes pas.
Arrête de faire des transferts à la con.
De voir les autres en toi.
Mais c’est comme ça, plus fort que toi.
Le déclic, c’est la manière dont il observe. Il y avait quelque chose dans son regard. Et toi, t’avais pas envie d’y voir de la détresse. Parce que tu te dis qu’il est plus fort que ça, qu’il a pas besoin qu’on vienne le juger, le plaindre. La détresse, c’est le fond du gouffre. Et toi, t’as envie de croire qu’il y est pas encore.


HRP — ...





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Summer D. Gallagher
étudiant en art + souris
Jeu 5 Juil - 11:35

One more night
-III-
“Fear cuts deeper than swords.”
― George R.R. Martin


- Crying in the club -



T'as les lèvres cassées Summer j'crois.
Y a tes commissures qui veulent pas se relever, Summer j'crois, pourtant, t'as envie de les briser par un sourire forcé, tu l'jures que t'en as envie. Tu promets que t'as essayé. T'as envie de faire comme lui. Comme les grands. Apparemment il rit. C'est qu'ça doit être amusant.
Mais j'crois que t'as trop joué avec - c'est ça aussi l'manque de délicatesse.
Parce que t'sais, c'est l'jouet qui marche plus et qu'tu secoues avant d'le balancer parce qu'il sert plus à rien. Ce sont les jouets entre les mains d'enfants qui s'font testeurs de qualité mais j'crois que ton sourire n'y a pas résisté Summer - p't'être parce qu'il n'est pas de qualité.
Parce que tu t'es acharné, Summer.
Parce que tu voulais encore jouer, Summer.
Jouer au jeu du plus fort, Summer.
Toucher pour ne plus être le chat – c'est ironique d'une souris.
S'cacher pour ne pas être trouvé.
Courir, courir, courir,  courir encore plus loin, encore plus vite … pour ne pas être attrapé.
Et t'as échoué, Summer.
T'as perdu, t'as bien tenté l'pouce tu sais, l'acte désespéré, parce que ça compte pas, t'avais dit « pouce » Summer.
Tu l'jures.
Alors tu veux compter pour te retourner au bout de trois et voir le soleil.
Tu veux jouer avec Jack, parce que Jack permet de dire ce qu'on veut, parce que Jack est cool, Jack il est sympa, parce que si on écoute pas Jack et bien on est plus dans le jeu, parce que sinon, on s'fait éliminer – et c'est peut être mieux,  alors Jack a dit « oubliez ».
Tu veux jouer, Summer, te prendre au jeu des sourires factices, à celui qui en aura le plus, à celui qui aura le plus faux – parce que tu gagneras à coup sûr.
Tu veux jouer au jeu du ni oui ni non parce que faut bien perturber, foutre le doute, peut-être, il se pourrait, probablement, possiblement, c'est l'détournement des questions fâcheuses.
Tu veux jouer, Summer, tu veux qu'on te bande les yeux, et tourner, tourner, tourner, tourner pour ne plus reconnaître, vaciller et perdre la tête.
Mais t'es un petit peu nul non ?
   c'est pas toi qui l'a dit, c'est le monsieur.
Enfin l'monsieur il est pas doué non plus
    c'est pas toi qui l'a dit, c'est l'monsieur.
Mais c'est « monsieur » qui est nul d'abord, c'est pas l'bon orthographe, pas la bonne sonorité, ça dépend, mais y a les lettres qui vont pas avec, y a les lettres qui s'confondent, tu les soupçonnes de s'être infiltrées. C'est pas de ta faute si c'est compliqué de parler. C'est les mots investigués et c'est qu'ils sont chiants finalement. Mensongers. Perturbateurs. Lancés à la cantonade en guises de grenades. Tu les prononces pas comme dictés. Tu les dictes pas comme écrits. C'est que c'est dur de parler, les mots juxtaposés, les lettres collées, c'est que c'est dur de parler, brimer nos cordes vocales, dire les pensées et les blessures. C'est que c'est dur, de s'exprimer. Parce que les mots se font de trop, les mots se font gros morceaux difficiles à avaler. Tu t'étouffes avec tes sonorités. Trop, beaucoup trop. Violemment, si violemment. Tu crois que t'as avalé de travers en plus, ça reste coincé dans ta trachée, mots broyés, pensées mâchées, paroles ravalées. Y a les mots qui font mal, qui entravent, qui restent coincés, qu'on ravale, qui dévalent, qui poussent aux fringales, qui s'font dédales. Les mots torturés, les mots d'la bouche, les mots d'la gorge, les mots façonnés, les mots mâchés, les mots mangés et puis bouffés, les maux d'âme, les maux de l'être, les maux qui creusent, les maux qui lacèrent et déchirent, les maux cuisants et lancinants, les maux de tête et du ventre, p'tain qu'on a envie vomir – laissez moi reprendre mon souffle.
On a envie de gerber, d'chialer, de se j'ter, de s'fracasser, d'cracher et d'crier.
On a envie d'imprimer la légitimité dans nos paroles, d'arrêter de se faire victimes parce que c'est vrai qu'ça fait dramatique. On s'fait imposteur, syndrome d'esprit, parce qu'on ne va pas se mentir en disant qu'on en a pas peur, de cette légitimité, de ce trop, de ce surplus, cet excès, cet exagération. Parce que c'est pas ça, c'est pas ça, c'est pas ça.
On est pas à plaindre, on est pas désespérés, pas dépréciés, pas tiraillés. On est juste un petit peu malades, juste pour aujourd'hui.
Oh on s'sent fiévreux, si fiévreux. On a l'mal de mer – de Terre ?
T'as la nausée, Summer, les hauts l'coeur au bord des lèvres, tu crois qu'tu vas vomir. Oh rien de grave, c'est passager, du repos et c'est régler.
Si je vomis, t'inquiète, ça serait juste mes larmes, mes mensonges, mes cris, mes non-dits et mes appels.
Si je vomis, t'inquiète, ça sera juste la détresse du monde, la perte, les injustices et le mépris.
Juste ça. L'inflammation de mes boyaux du cœur. La macération de mes conneries.
De la bille acide.
Et si j'tombe dans les pommes, c'est juste pour mieux croquer la vie à pleine dents.

1, 2, 3 … Soleil !

Faut arrêter, Summer.
Faut t'arrêter, c'est pas bien d'être comme ça, tu sais, c'est pas bien de dériver, de se déchirer tu sais, on te comprends pas, c'est pas bien, tu sais, et du coup tu te retrouves là,  l'haleine alcoolisée et les yeux drogués, les larmes aux fond d'la poche devant cet inconnu et ces reproches. T'es en apnée, Summer, t'as la bouche fermée, Summer, oui, on sait, oui, on a vu, t'as tenu longtemps mais maintenant faut remonter.
Suffocation.
C'est les yeux écarquillés, poumons gonflés, surface retrouvée,  bouffées d'air frais et la nuit retrouvée.
Il est pas en colère.
Pas réellement.
Pas contre toi.
Mais c'est pas bien Summer d'être comme ça, c'est pas bien d'mentir, c'est pas bien d'chercher à voler l'temps, c'est pas bien d'nier, c'est pas bien d'refuser, mais c'qui est pas bien surtout, c'est l'temps qui t'as volé, l'temps qui a tué maman, c'qui est pas bien c'est la haine et le mépris qui s'font meurtriers, ceux qui tuent les rêves d'enfants, les terreurs diurnes et les malheurs nocturnes, ce qui est confondu et malentendu.
Il est pas en colère – c'est la peur.
Pas réellement.
Pas contre toi.
C'est le miroir d'une jeunesse passée, volée, désespérée, tu lui fais écho, Summer, sans le savoir, sans le vouloir. Promis tu voulais pas.

S'il vous plaît aidez-moi.
S'il vous plaît fuyez-moi.
Tu lances des pouces à tout va.
Jack à dit « arrêtez »
Jack à dit « arrêtez »
Jack à dit  « arrêtez »

Et tu trembles Summer, le froid te glace le sang, si fort, Summer, si fort. Ça te fait mal. Tu claques des dents et sert tes bras contre ton torse si fort, Summer, si fort. Fragile, si fragile. Tu te fais porcelaine qu'on ose à peine toucher par peur qu'elle ne se brise. A ce moment, on te croirait être un enfant, Summer. Ne serait-ce pas mieux, finalement ? Replonger dans les bras de Morphée, bercé par les histoires du soir, promesses de doux rêves et des cauchemars dissipés au réveil.
I n s o u c i a n ce
Le dos plaqué contre le mur froid, les traits du visages crispés et cassés, ton regard s'ancre dans les prunelles de cet inconnu. Tu ne dis rien, Summer, seul ton corps frigorifié se laisse aller à quelques tremblements. Y a ton cœur qui bascule. Ton esprit qui déambule. Et tu te casses, Summer, tu te casses, tu te brises, t'émiettes, t’ébrèches, durement si durement. Tellement, tellement trop. Et ton cœur, Summer, et ton corps, Summer, et ton âme. Je crois que tu vacilles, je crois que tu cilles. T'es sur le fil au dessus du vide, funambule de la vie, tu joues au jeu de qui tombera en dernier.
« Vraiment ? …
Tu me fais ça ? On ne se connaît même et alors quoi ? Tu vas me ramener chez moi, me dire de me coucher, de plus recommencer parce que c'est pas bien ? »
j'ai essayé« Me dire ô combien je suis jeune et inexpérimenté, me dire tout ce que tu ne sais pas sous prétexte que quoi ? Quelqu'un a fait les mêmes conneries ? »
Tais-toi, Summer, tais-toi.
« Que t'as fait les mêmes conneries ? J'suis pas un gamin, j'suis pas un gosse qui n'y connaît rien, alors tu veux que je te dise quoi ? » de m'aider« Que je recommencerai plus pour soulager ta conscience ? Parce que t'auras joué à l'adulte ? »
Ta voix déraille, Summer, elle se perd dans les limbes de ta gorge, t'as du mal à parler, Summer, parce que c'est compliqué d'parler mais tu continues, faut s'faire violence pour l'éloquence.
« Mais ça va, j'suis pas assez stupide pour flinguer mes journées, demain ça s'ra oublié» demain j'aurais envie d'crier
«Alors si pour te soulager faut juste que j'rentre, j'vais y aller, c'est bon, tu peux partir» pars pas



Et si on jouait à saute mouton ?
J'préférerais les compter
Pourquoi ?
Pour dormir et oublier.













J'me donnerai corps et âme pour toi, tu le sais ça ? J'men fous d'avoir mal, jsuis perdu putain, alors laisse moi, j'vais gérer, tu vas voir




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Ven 6 Juil - 17:18


✕ • • •





Tu reprends ton souffle, repose tes nerfs, sans comprendre pourquoi tu t’énerves. C’était quoi ce coup de sang? Cette montée enragée dans tes veines, cette explosion dans tes artères comme si t’étais un vieux diesel?
C’était pas ça le but de la soirée Basile.
C’était pas à toi, t’as pas le droit de lui faire croire qu’il est bon pour l’asile.
Reprends tes clics, tes clac, tes phrases toutes faites, tes cigarettes et rentre chez toi.
Mais vous voilà, le choc thermique à la peau alors que tu fulmines face à un pauvre ado.
Mêle toi de tes affaires, arrête d’essayer de faire dans l’argumentaire. Tu parles à un mur. Normal, rien de plus normal. T’es face à un inconnu, il t’as rien demandé et toi, t’es arrivé, t’as fini par le traîner. S’il avait quelques années en plus, il t’aurais foutu un blocus dans la mâchoire.
T’en as plein le dos, tu passes pour un salaud.
Tes actions, tes paroles, t’es une vaste contradiction, qui n’a cesse de faire la girouette entre ce que tu as étais et ce que maintenant t’es.
Alors, tu tends la main, mais t’aboies.
Tu veux te faire rassurant, mais au final, tu grognes.
Tu perds les autres et un peu plus toi-même.
Et tu l’entends, il se réveille enfin. Lui qui se complaisait dans un coma et maintenant en train de s’en prendre à toi. Il vocifère, il n’en a que faire. Il mord la main tendue, crache sur cet inconnu malvenu.
Et toi tu le regardes Basile, cigarette consumée qui tire vers sa fin. Tes lèvres sont collées dessus, t’as aspiré le bitume et les autres ordures comme si t’en avais besoin, comme si c’était vital.
Quelque part ça l’est. Te concentrer dessus pour pas hurler, pas t’énerver. Pour contenir ta rage mal placée, tes idéaux sur lesquels il est en train de taper, piétiner. Il saut à pied joints dessus, les prunelles écarquillées, le regard perdu. Alors tu sais plus quoi penser.
Mais tu le vois trembler.
À nouveau, ce que est censé être tendre se répand en cendre sous ta colère, ta manière de faire. T’aurais simplement pu la tendre, ta veste. Mais tu lui balance en plein visage, l’amorçage d’un conflit.
Pour que ces mots sonnent creux au travers du cuir bitumeux. Parce que ce blouson est imprégné de nicotine, ta grande copine.
Pour moins bien l’entendre.
Et tu scandes « Mais c’est qu’il parle! »
Il y a de la moquerie dans ta voix rauque, dans cette raillerie. Ton visage ne se prête pas à la rigolade, y a pas de quoi créer une bonne marade.
Qu’est-ce que tu vas répondre à ça?
Pas besoin d’un procès, tu sais bien qu’il a raison, qu’il est celui qui a le droit de crier. « Tu penses vraiment que j’ai que ça à faire que de babysitter un gamin défoncé? Que je vais te ramener? J’crois que tu m’as pas bien regardé. » T’es laid quand tu craches avec mépris Basile. Quand ça vient déformer tes traits.
En plus tu mens.
S’il te le demandait, tu le ferais.
Parce que demain, lové au creux de tes draps, tu te souviendras de la gueule d’ange à la silhouette titubante. Et tu te demanderas s’il est toujours-là, entier.
En plus tu te contredis.
Tu peux pas embrasser une joue et ensuite la claquer.
Ça se fait pas, c’est pas comme ça qu’on interagit avec les êtres vivants.
« À te regarder, j’sais bien que t’es pas à ton premier coup d’essai. Alors te dire de pas recommencer? » Un rire rauque t’échappes, il te racle la gorge. « J’ai décidé de m’attarder, pas de perdre mon temps. »
T’es dur Basile. Dans tes mots, tes gestes. La manière que t’as de t’abaisser pour lui parler, de tendre ton cou aux veines crispées. Tes poings serrés dans tes poches, ton sourire désabusé.
Ce que vous comprenez pas, c’est qu’il y a un double dialogue entre vous. Ce que je dis, ce que je fais et ce que je pense.
Mais vous êtes pas devins, vous lisez pas dans les pensées. Alors ça part en affrontement, en aboiement verbal. À qui sera le plus con.
Et toi à ton âge, tu devrais plus t’essayer à ça.
Tu veux prouver quoi? Que c’est toi le plus méchant?
T’as pas besoin de ça pour le savoir.
T’as pas besoin qu’on te confirme ton incapacité.
Parce que tu le sais.
Que ta maladresse, elle tue. Qu’elle tranche, taillade dans le gras de la vérité, qu’elle écorche au flux de ton phrasé, de cette bestialité.
« … de quoi? Pas assez stupide pour te flinguer? Vraiment? Tu veux qu’on rentre à nouveau et que je te traîne dans les toilettes pour te montrer ta tronche? »
Tu lui tournes le dos, soudainement, comme si t’étais prêt à exploser.
Basile, même toi tu sais pas ce que tu fais.
Et là y a un blanc, un instant.
Parce que votre petit aparté a fait du bruit, qu’il a attiré des regards. T’as pas envie qu’on pense que c’est une bagarre. Que t’es ce genre de gars.
Alors tu reprends après quelques bouffées, calmement.
« C’est faux. »
Tu jettes ta cigarette, l’écrase tendrement.
« Si j’te voyais tituber, j’te ramènerais. Alors crache pas trop sur ma conscience, j'y peux rien okay. »


HRP — basile est un salaud, faut le tapey. jtm ;-;





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Summer D. Gallagher
étudiant en art + souris
Sam 7 Juil - 11:14

one more night ••• V

SONG | “Speak when you are angry and you will make the best speech you will ever regret.”
― Ambrose Bierce
•••


Et ça te claque au visage Summer. Ça t'fait mal putain. Pas la veste qu'il t'a balancée comme ça, sans prévenir, tfaçon, c'est pas comme si t'allait t'foutre du cuir. Nan. C'est ses mots qu'il t'a crachés dessus, qu'il a gerbés devant lui en les extirpant de sa trachée. Ses mots qu'il t'a envoyés à la gueule comme une gifle que l'on flanque pour faire vaciller. Comme les baffes que l'on met pour ranimer. Quand on secoue pour réveiller, quand on secoue encore et encore dans l'espoir qu'il ouvre ses putain d'beaux yeux. Quand on veut juste et seulement juste qu'un doux sourire vienne s'foutre sur sa gueule d'ange. C'est tout un paradoxe, une antithèse, la douceur dans la violence.
Mais ça marche pas comme ça.
Parce qu'on s'noie là, on perd pied, y a l'eau qui s’infiltre dans notre trachée là , les poumons qui s'gorgent, puis on agite les bras comme des cons dans l'espoir d'récupérer encore d'l'oxygène et puis p't'être aussi d'appeler de l'aide, rien qu'un peu avant d'se mettre en apnée.
Puis y a les sauveurs, tiraillés entre la peur et la colère, l'envie d'sauver puis de gueuler, parce que merde, pourquoi t'as pas essayé d'nager ? C'est ça l'problème, parce qu'on butte, on se heurte et c'est frustrant, c'est rageant d'pas savoir y faire, de pas savoir quoi faire, de se sentir inutile si ce n'est celui qui finalement appuie sur la tête et l'enfonce dans l'eau.
Vas-y, bouffe-là ton eau.
Mais ça marche pas comme ça, ça marche pas comme ça, ça marche pas comme ça.
Arrêtez.
Ça fait juste mal, si mal vous savez, quand on y arrive plus, quand on y arrive pas, qu'on a envie de tout foutre en l'air, d'balancer notre rage, d'crier jusqu'à se péter la gorge, de chialer jusqu'à plus pouvoir, jusqu'à avoir mal à la tête, de péter les plombs jusqu'à être vide et d'contempler le désastre, l'oeil livide.
C'est pour éviter ça qu'tu bois, Summer.
C'est pour éviter ça qu'tu fumes Summer.
Ça serait pas beau à voir, ça serait moche, ça, vraiment, tu veux pas, c'est l'affliction de ton âme, l'optimisme effronté. T'es p't'être un peu taré, finalement, un peu aliéné, toi, là, avec tes rêves et tes utopies, toi là, avec tes envies d'monde parfait, toi là, avec ton idéalisme et tes rêveries.
Amer, si amer.
Ouais, ça t'déchire, ça t'fout en lambeaux, ouais ça t'taillade, ça t'défonce et ça meurtrit tes espoirs, ça t'met mal Summer hein ? T'es fébrile, tu flippes.
Et puis il gueule – si ce n'est qu'il dégueule.
Fort, beaucoup trop fort. T'as mal aux tympans, ça grésille et ça t'fusille. Ça bourdonne tellement, tellement fort. Ça t'fait mal putain, t'as envie de lui gueuler d'arrêter.
T'as envie d'le supplier d'arrêter d'crier.
T'as envie de te boucher les oreilles, de te recroqueviller, les jambes repliées contre ton torse.
Faible et lâche.
C'est tout c'que t'entends Summer.
Que t'es faible et lâche.
Mais c'est c'que t'as provoqué, nan ? C'est pas c'que tu voulais finalement ? Qu'il dise que t'es qu'un sale gosse ?
Y a ses mots qui sifflent entre ses dents, et toi t'es là, l'crâne déglingué, les céphalées qui s'font étaux. T'as envie plaquer tes mains contre ton crâne et ne plus entendre, t'enserrer, t'faire bercer, murmurer comme une incantation volubile que tout va bien, que tout ira bien, que c'est rien, que ça va passer, que demain ça s'ra oublié.
T'as envie d'demander pardon, mais juste, lui dire d'arrêter d'crier.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
S'il te plaît.
T'as envie qu'on t'raconte une histoire, une belle, t'as envie qu'on te mente, qu'on te dise que tout va bien, t'as envie qu'on censure l'monde pour toi Summer. Ouais, t'as envie qu'on fabule, qu'on enjolive l'histoire pour toi. T'as envie de devenir sourd et aveugle, l'temps d'un instant, l'temps d'oublier, l'temps d'renforcer tes croyances parce que tu t'fais religieux d'la munificence.
Ça ira mieux.
Ça ira mieux.
Ça ira mieux.
T'as envie qu'on te décroche la lune, Summer, ouais, t'as envie qu'on t'berce encore dans tes illusions parce que t'as envie d'y croire, à ton fabuleux monde. Tu veux qu'on te l'a raconte c'te belle histoire, celle qui chassent les monstres de sous le lit et les fout au placard.
Et t'y crois, Summer, promis juré, p't'être pas craché, mais t'y crois, tu l'jures, tu l'jures, mais des fois c'est dur.
Pardon.
Et t'en bave pour sourire, des fois.
Et t'en crève pour rire, des fois.
Parce que tu connais le temps et ses envies meurtrières, tu sais que l'monde se fait enfoiré et que c'est les plus faibles qui partent en premier. Tu l'sais ça, alors faut s'forger, faut forger, faut tendre les mains, sans cesse, tout le temps, s'donner, encore et encore, parce que rien n'est vain.
S'donner corps et âme.
Là à tout l'monde, là au Monde, là pour s'oublier, pour oublier la vérité parce que faut en façonner une nouvelle, hein, parce que celle-là ça va pas, elle est nulle celle-ci, tu n'en veux pas.

Alors tu le regardes, tu réponds à sa provocation, tu le scrutes de tes yeux défoncés, de tes yeux qui en disent trop, tellement trop. De tes yeux qui s'font miroir brisé, de tes yeux qui s'font acrimonieux et pourtant, pourtant, si désespérés.
Ce sont des yeux écorchés.
Tu le fixes, tu t'enfonces dans ses orbites, tu l'touches du bout des yeux - à celui qui détournera l'regard en premier.
Dans l'fond tu l'comprends, tu tiltes à « perdre son temps » parce que tu connais ça, Summer, c'est l'truc à pas te dire, tu serais prêt à tout pour ça, j'crois même que si tu pouvais donner ton temps en mourant tu l'ferais.
Cataclysme des mots qui défient la pensée, ce sont les mots bâclés et lancés sous l'coup d'la colère, les mots que l'on veut rattraper.  « Pas perdre ton temps ? Alors t'attends quoi là, hein, pourquoi tu te casses pas au lieu d'rester là et d'attirer toute la putain d'attention? »
Tu soupçonnes un vol à l'arraché de tes paroles, Summer.
Alors t'as ri, un rire moche et hideux. La perversion du rire pour montrer toute la dissonance de ton être. Toutes les ecchymoses de ta foi qu'on fout à mal, toutes les écorchures pour les fois où tu t'es ramassé, tous les bleus qu't'as eus quand tu t'es fait tabassé par la Réalité.
Tu t'fais asthénique, Summer, c'est la consomption .  Toi et ta tête d'éméché, ivre d'hédonisme. Fragile, si fragile. On s'demande comment tu tiens encore sur tes jambes, Summer, on dirait qu'tu vas t’effondrer, on dirait que tu vas flancher, on dirait qu'tu vas t'ébranler.  Parce que t'es bien amoché là, encore plus qu'avant, c'est les impacts des coups portés.
J'crois qu't'es un p'tit peu malade, Summer, il t'faudrait du paracétamol – de l'endorphine
J'crois qu't'es un p'tit peu égratiné, il t'faudrait un pansement – des points sutures
Bel être valétudinaire perfusé aux chimères.
Alors tu pestifères, sans crier, sans gueuler, parce que t'as mal, parce que ça fait mal, oh ouais, t'as la gorge déchiquetée.
 « Quoi ? Vraiment ? Tu crois qu'j'l'a connais pas ma gueule ? Tu veux m'y traîner ? Bah vas-y très bien prends de ton temps celui qu'tu m'as gueulé que t'étais pas venu perdre »
Et alors t'en peux plus, Summer, t'es à bout, tu tiens plus debout, t'as juste envie de t’effondrer, toi là, frigorifié et plaqué contre ton mur.
Poupée de chiffons déchirée.
T'as envie de pleurer, mais jamais tu les laisseras couler, Summer, jamais le sillonnent de tes larmes sur tes joues ne sera rendu public. Leur écoulement au creux de ta lippe ne serait que violation à ta fierté, à ton image.
Sourire, sourire au cœur du silence enfin trouvé. Mais tes oreilles sifflent, sifflent tellement. C'est un bruit incessant.
Et tu vas pour t'en aller.
Tu vas pour oublier.
Un pas, deux pas, trois pas.
Promis je cracherai pas sur ta conscience.
C'est c'que t'imaginais, partir, tant bien que mal, avec tes mots Summer, avec tes pensées et arrières pensées, avec tes larmes et tes blessures, tes estocades et tes bosses. Mais t'as l'corps qui s'fait martyr. Qui t'rappelle tes délires. Et t'as pas la force de réfléchir, Summer, t'as pas la force d'attendre. Tu sais, il est pas bien non plus le monsieur, faut pas croire, il rit le monsieur oui, mais finalement, t'as réussi à l'imiter non ? Et c'était douloureux comme rire, c'était pas c'que t'imaginais. Tu le sais bien, Summer, tu le saurais bien si t'étais pas avec un trop plein d'grammes de tout à deux heures du matin, tu l'saurais bien.
Mais au lieu d'partir là, comme ça, sans rien dire, sur la pointes des pieds, tu t'écroules. Tu t'laisses glisser contre le mur, les mains sur la tête priant pour que ça s'arrête. Ces mots là qui vocifèrent dans ta tête, ces maux là qui s'éprennent de ta tête.
Mots de lettres ou maux de l'être.
La voix à peine audible, la tête au creux de ton corps tu te fais gamin perdu, enfant éperdu de ses rêves,  si désabusé, si dur à regarder, si égaré, si fiévreux de toute cette effroyable réalité, si nauséeux de tous ces mots gerbés. Seules deux syllabes parviennent à franchir le seuil de tes lèvres. Envoyées en l'air, comme ça, dans un souffle, la voix rauque, éraillée et tuée.
 « Casse-toi »




Hey, dis, dis, on joue au docteur et au patient ?!
D'accord, mais seulement si je fais le docteur.
Pourquoi ?!
Parce que tu prendrais peur si tu savais comment c'est, à l'intérieur.










J'me donnerai corps et âme pour toi, tu le sais ça ? J'men fous d'avoir mal, jsuis perdu putain, alors laisse moi, j'vais gérer, tu vas voir




Invité
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Sam 14 Juil - 18:32


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Tu secoues l’extrémité de tes doigts,
Comme pour détendre les vaisseaux éclatés après une claque bien placée. Les phalanges blanchies, les bouts pleins de fourmis. Pour faire circuler le sang stagnant, celui qui t’as explosé en pleine tête. La bouche en « o » tu ravales tes vilains mots, t’expulses tes sales pensées embrumées.
Pourquoi t’es là?
Pourquoi tu fais ça?
Pourquoi tu te tais pas?
Ta colère est douce amère, elle est venue te la mettre à l’envers. Tu pensais pouvoir te contrôler, assez pour te barrer. Mais elle t’as saisit les entrailles, te les as retournées pour en faire un passe-muraille. Ta colère elle a gonflée tes artères, ton cœur a été le temps d’un instant un ballon de baudruche, t’étais à ‘ça’ du cimetière. Tu peux pas mentir, contredire les faits, t’as pas su te contrôler. Est-ce que t’es effrayé? Est-ce que tu l’as déjà soupçonnée cette animosité?

Tu le regardes, toujours adossé.
T’es pas fier, tu la sens ta culpabilité remonter le long de ta trachée. Gueuler sur un gamin, comme s’il allait jamais revoir le matin, lui dire qu’il est un moins que rien. Et si tu penses bien faire, rien à faire. Tu peux pas malmener un écorché en hurlant que tu fais ça pour son bien.
On ne justifie pas des comportements avec ce genre de mots accablants.
Et t’es en tort, ta pensée se détériore. Elle s’effrite sous les néons grinçants et t’imagines des scénarios glaçants, pas tout à fait grinçants.
Parce que tu les sens, les foutus regards hagards qui jugent de loin ta plaidoirie bancale.

C’est comme s’ils te questionnaient, te demandaient pourquoi tu maraves un innocent. Et que tu répondais que quitte à être estropié, tu lui facilitais la vie en lui broyant les deux jambes.
Franchement, quel justicier tu es.
Heureusement que t’arpentes les rues pour distribuer des amendes sur les consciences.
Heureusement que t’es bien placé pour juger.
Qu’est-ce qu’on ferait sans tes tirades hypocrites, hypothétiques?

Mais t’es à bout, on t’as trop roulé.
À tort ou en raison, tu préfères encore lui laisser ton blouson, que lire entre les lignes le fait que t’es qu’un con.
Casse-toi.
Il l’a demandé, mais tu l’avais déjà pensé, envisagé.

« Tu sais quoi? T’as raison, j’en ai assez. On perd notre temps. »

Tu jettes ta cigarette, tourne les talons.
Tu t’en vas parce que t’es usé. De cette vision d’horreur dont t’es le créateur, de t’entendre déblatérer des horreurs. De voir cette silhouette recroquevillée que tu pensais aider. T’as tenté Basile. D’être une main tendue, mais au final tout ce que t’as su faire, c’est enfoncer sa tête dans la cuvette, comme si tu voulais le noyer.
T’es le plus instable des deux,
t’as perdu à ce drôle de jeu.
Qui de nous deux est le plus malheureux?


HRP — boooon. est-ce qu'on se doutait que ça s'terminerait pas bien? o u i. mais du coup vu qu'il part sans son blouson, ça nous laisse une ouverture pour un prochain rp héhé. JTM.





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