In Real Life Ft. Isaac D. Arcangel
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Niels Sarëns
programmeur informatique + ocelot
Dim 1 Juil - 15:59

In Real Life
Cean. Ton autre vie. Ton autre nom. Ton autre identité.

Sous ce nom numérique, tu es un programmeur reconnu par tes pairs. Tu as collaboré avec les plus grandes entreprises du pays, avec des youtoubeurs qui ont plus d’abonnés que de gens qui regardent leurs vidéos. Tu n’hésites jamais à donner de ton temps pour répondre à une question, à aider un inconnu à créer son site internet, une application mobile sans rien attendre en retour.

Du haut de tes 24 ans, tu devrais être fier de tout ça. Ce qui n’était qu’un jeu, une passion comme tu en avais beaucoup d’autre est devenu ton métier. Ce qui te permet de payer ton loyer, de manger. Mais c’est surtout le seul endroit où tu acceptes d’exister. Mais ton quotidien que l’on idéalise si souvent est loin d’être parfait. Oh non… Les gens pensent connaissent Cean, son côté mystérieux, son talent en codage et ses idées parfois déroutantes. Mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg, que ce que tu souhaites laisser transparaître aux yeux du monde.

Ce monde qui te fait souffrir, ce monde que tu détestes presque autant de ta propre personne. De ton corps écorché et de ton cœur qui se rempli chaque jour une peu plus d’une colère qui ne cherche qu’à s’exprimer. Tout ça, tu ne veux pas le montrer. Non. Tu veux sauver les apparences. Tu ne veux pas que ses gens qui t’apprécient voient ce que tu es vraiment.

Tu n’es pas un monstre Niels. Et pourtant, tu as réussi à t’en persuader. Que tu ne mérites pas d’être là. Que le déni est doux lorsque l’on arrive à s’en satisfaire. Cette réalité que tu n’acceptes qu’à moitié. Caché derrière ton écran, caché derrière tes tourments, tout est si simple. Pas d’image. Pas de compte à rendre. Pas d’explications à donner non plus. Tu grappilles là quelques bouffées d’oxygène, quelques heures où tu penses à autre. Ou tu réapprends, d’une drôle de manière, à vivre. À être toi-même. À perdre à moitié ce masque que tu t’étais construit.

Tes doigts s’activent sur le clavier de ton mobile. Des messages sont échangés. Furbook, Moussenger, Goatube, Discord. Qu’importe. Tant de noms. Tant de moyens de communication. Tant de moyens de te construire un univers si éloigné de ton ordinaire. Tant de moyens de te construire un univers si éloigné de ton ordinaire. Tu as trouvé ton rythme de croisière, cette activité qui te force chaque jour à te lever, à chausser tes lunettes et à passer de longue heure sous la lumière plus de ton ordinateur. Des moments où tout te semble futile, ou plus rien n’est important. Tu te surprends à esquisser un sourire.

Ce monde virtuel, douce utopie qui panse tes plaies… Jusqu’à quand le château de cartes que tu t’efforces chaque jour de consolider va-t-il tenir ? Jusqu’à quand vas-tu prendre le risque que l’on découvre qui tu es réellement ? Que tu n’es pas celui que tu sembles être.




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Isaac D. Arcangel
danseur + fossa
Lun 2 Juil - 11:57

in real life ••• I

SONG | “We can spend our lives letting the world tell us who we are. Sane or insane. Saints or sex addicts. Heroes or victims. Letting history tell us how good or bad we are. Letting our past decide our future. Or we can decide for ourselves. And maybe it's our job to invent something better.”
― Chuck Palahniuk.  
•••
Les vices se cachent, se mussent, ils sont les ombres qui se dépeignent sur les murs des ruelles.
Les péchés sont les délices que l'on savoure, les yeux fermés, ceux qui nous font saliver.
Les appels irrésistibles de la corruption, faut entraver, braver les obstacles, foncer tête baissée, y aller à l'instinct mais toujours les sens en alerte.
   faudrait pas faire de perte
C'est le cœur explosé.
L'amour du danger, celui qui nous donne les papillons dans le ventre et les palpitations dans la poitrine. Et qu'il est beau, cet amour, Isaac, parce que tes craintes se fanent dès que tu vas dans ses bras, bizarrement, étrangement, tout est plus sûr quand il ne s'agit pas de rester mais de s’y risquer.
C'est l'adrénaline au cœur des veines.
     et les veines dans le cœur.
L'impact des affronts que l'on fait au monde. La défragmentation des petits complots, des messes basses, des trafiquants de la vie. Des tueurs de rêverie. Les trop violents et trop fermés.
Les trop cons, finalement.
Alors tu fais dans la régulation, tu te fais acéré le temps d'une soirée.
Tête baissé, t'as les yeux qui se détournent, qui se cachent, qui s'voilent. Capuche remontée, c'est la préservation de ton identité. T'as juste le sourire singulier qui se fait désireux de voir les leur se fracasser.
Tu tapes à l'intérieur, Isaac.
C'est une danse technique que de savoir s'immiscer en leur lieu.
Et tu ne laisses aucunes traces.
    pas un visage ni un nom de ton passage.
T'es celui qui laisse le mirage d'une ombre qui suit, la stupeur dans l'coeur et la sueur sur les fronts. Quand on est persuadés qu'il y a quelqu'un, qu'il y a le rythme qui s'accélère, le pas pressant et la tête qui se retourne inlassablement en arrière.
     mais y a jamais personne.
On reste juste avec l’angoisse, le visage qui s’froisse et la peur de se mettre à découvert.
Tu provoques leur chute,  souffle sur leur château de carte, pousse sur bout des doigts le pilier, provoque leur déferlante.
   et c'est le départ, les mains dans les poches et les sirènes au loin qui résonnent.
Il n'y a rien d'extraordinaire, Isaac, rien d'anormal. Tu laisses ta bouche asséner le coup fatal, d'un souffle ou d'un mot, t'as aussi les points qui s'mêlent et qui s'enmêlent.
Tu connaissais les ombres, tu ne les contournes pas, tu y es habitué, Isaac, et t'y retournes histoire de chasser le sombre. Peut-être pour te faire pardonner, plaider coupable, peut-être parce que c'est la culpabilité.
   tu ne sais pas.
Mais là n'est pas le sujet, pas pour le moment.
Tu veux pas que d'autres voit cette Réalité-là.
T'as affaire aux appels de détresse, Isaac, et ça te déchire alors t'as peut être pas les épaules très larges, mais t'as de quoi supporter les charges.
Les lourds bagages des blessures de l'âme et du cœur, celles des préjugés et du rejet, celle qui font des oubliés, des écorchés et rafistolés.
Alors ce soir, t'es épuisé Isaac. T'as les yeux embués de la noirceur affrontée.
Les ruelles sombres et dévergondées.
Là où s'écoulent haine et mépris dans les égouts de la ville. Déchets du monde.
Désespoir et déboires.

Un soupir s'échappe de ta bouche tandis que ton regard parcourt ton salon.
Ce n'était que l'avant-propos de ta nuit, tu as encore à faire, Isaac. Tes doigts vont vite à enchaîner une combinaison de lettres et de chiffres sur ton clavier avant que ton site inachevé s'affiche sur l'écran. Ton site professionnel en tant que danseur pour te permette une meilleure communication, une meilleure diffusion. On pourrait le croire sur le point de se finir, mais il y a des choses Isaac que tu soignes. Qui justifient que tu dévoues tout ton temps, tes heures et tes minutes, le perfectionnisme sélectif qui te dit qu'il n'est pas assez bien.
Tu ne veux pas qu'il soit beau, Isaac, tu veux qu'il soit parfait.
Sans bugs ni problèmes.
Fonctionnel et complet.
Qu'il se démarque.
Le fait est que tu n'y connais rien mais tu y réponds d'un haussement d'épaules, t'as décidé de créer ton site, qu'importe le temps compté, tu le feras et surtout, tu le feras bien. Il ne s'agit pas de fierté, d'égo, d'envie de prouver ce que tu vaux, seulement la volonté de bien faire et d'être satisfait. De se donner au mieux, pour soi-même, sans attendre de reconnaissance.
Et tes lacunes en informatique quoiqu'handicapantes se sont comblées grâce à un programmeur assez réputé. Celui qui en plus de t'aider a piqué ta curiosité, Isaac.
Non pas qu'il ne faille grand-chose, mais il y a de ces choses qui te poussent à t'avancer dans l'espoir d'entrevoir les vérités cachés.
Il y a ce qu'on ne saurait dire ni appeler mais cette étrangeté qui pousse au désir de s'immiscer.
Et tu le sens, Isaac, tu le ressens.
Ce sont les ombres qui se jettent derrière la lumière, à l'abri des regards, cachés derrière les murs.
Ce sont les recoins de l'âme, tentatives d'esquives.
Ce sont les terrifiés et les enfermés.

Un énième soupir s'extirpe tes poumons, et en quelques clics et touches pressées, tu te retrouves à appeler à l’aide, discutant avec ce programmeur qui répond à toutes tes questions.
Tu lis attentivement, t'appliques et exécutes.

: Merci, oui, ça marche … bon, niveau bug c'est réglé, sauf que, heu, j'aimerais faire ma page avec mes vidéos tu vois ? Genre avec une musique qui se lance direct et avoir un rendu assez classe, pas juste avec des vidéos mises là en colonnes là tout ça, nan, c’est moche.


T'envoies le message et puis tu attends un peu, réfléchissant un court instant avant de finalement envoyer à la suite

: Si tu peux et que t’as le temps, ça serait peut-être plus pratique de passer en vocal ?
Merci mec en tout cas, t'es génial




                   L’assemblage de pixels surfaits, lumière bleue dans l’coin des yeux, on a le doigt sur l’bouton d’arrêt. C’est l’pouvoir suprême du virtuel qui plonge dans l’monde parallèle d’une Réalité lacunaire où les apparences flirtent entre mensongers et cachotiers.  C’est l’encodage de l’anonymat, suppression des méfaits et programmation de l’identité. C’est les erreurs 403, celles qui refusent les droits, y a pas d’accès, mais faudra bien forcer. Y a les introuvables aussi, mais faut pas déconner, suffit de contourner parce que faut bien remonter à derrière l’écran. C’est pas bien compliqué, les oublis et les dérives, les données stockées et grappillées juste histoire de r’tourner dans la vie réelle.




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