two souls with one pizza || ft. S o l a l
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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Ven 13 Juil - 16:21






two souls with one pizza ||


 


 Il n’y avait qu’une adresse,
qu’un numéro,
qu’t’on parfum paresse,
et l’envie d’sortir de l’eau.

T’as regardé la carte glissée entre tes doigts. Ou peut-être fixer. Te demandant un instant si cette carte n’avait été donné que par le service que tu avais donné. Peut-être y’avait-il de l’ironie dans ce papier carton, autant que de l’énervement dans ce regard – de l’irritation ?

Des pizzas ?

Ça fait combien de temps que tu n’as pas goûté ? Oser marcher dans le quartier ? Sortir de ton monde pour prendre quelque chose à manger ? Peut-être n’as-tu jamais trop apprécié cette solitude morbide une fois que tes amis rentrent chez eux – peut-être parce que tu sais en quoi une pièce vide peut broyer chaque veine de ta conscience. Et le pire – dans tous les cas – c’est que personne t’influence.

Des pizzas.

( tu serres le papier entre tes doigts une fois qu’il est parti. )

Des putains de pizzas Timotéo.

( tu ris et sans l’savoir t’as pris ton sac le soir sans attendre la nuit )
( t’en a commandé une bien avant minuit )

Tu t’es retrouvé là, devant ce restaurant peu gastronomique en vu de la quantité de gras qu’une pizza pouvait apporter. Tu t’es retrouvé là –  idiot –  dans une situation qui semblait tellement ordinaire pour un mardi soir. Mais qui ne l’était pas. Pas pour toi, ni ton estomac. Et tu cherches, dans tes souvenirs – ceux que tu as triés au fur et à mesure des années – la dernière fois que tu es venu manger une vraie pizza dans une pizzeria.

Grand-mère et grand-père devait être vivant.

( tu flanches devant la porte )

tu détestes ces souvenirs,
autant que tu les aimes,
autant ils te freinent,
autant ils te font frémir.

L’endroit est beau – sobre – toutes les pizzeria semblent avoir la même aura. «  ici on mange bien » et ça te fait un peu plus étirer les lèvres. Ton sourire ne manque à personne, certains mangent déjà dehors – les insectes grésillonnent.  

( tu avances à l’intérieur puisque la porte est ouverte )

Tes iris semblent directement s’accrocher à toutes les décorations que tu vois. Ce vase là n’est pas droit. Il y a une tache sur le comptoir. L’odeur a des couleurs que tu ne connais pas. Ton sourire s’élargit. Une impression de revenir chez soi te prend les tripes. C’est comme quitter son pays natale pendant plusieurs années et le retrouvé comme ça – avec l’impression que le monde s’est figé. Ça te fait du bien. Ces bruits autour de toi, ces clients qui rient et qui mangent. Le bourdonnement incessant des plats en cuisine qui s’entrechoquent ou qui se rangent. Ça te fait du bien.

( tu le vois ce garçon. Ton regard se clipse dans le sien et tu lui souris. Joyeux, tu t’avances. )


– Bonsoir, j’ai commandé une pizza.. mh, jambon fromage il y a une heure ?


Tu pinces ta lèvre, une fois. Puis deux fois. Puis trois.




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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 16 Juil - 12:31


two souls with one pizza.

Si je pensais le voir débarquer le soir même ? Pas du tout.

Si je pensais le voir débarquer un jour ? Encore moins.

Regardez-le. Un coup de vent trop fort et il se brise. Une telle personne est censée manger du quinoa ou de la salade, pas de la pizza.

En lui laissant la carte du restaurant ce matin, c’était simplement pour le geste. Pour la jouer « commerciale » (alors que j’ai rien d’un commercial). Ca me faisait déjà suffisamment chier d’acheter des foutues fleurs pour soi-disant donner une ambiance « plus cocoon ». Depuis quand une pizzeria se doit d’être « cocoon » ? Mon patron se la joue bobo à la con. Mec, tu fais des pizzas, point barre. Les gens viennent ici se faire péter le bide, pas pour s’y sentir bien (ou peut-être que si ?). Et c’est moi qui me la suis coltiné la mission fleurs.

Quand je me suis retrouvé face à l’énergumène, j’suis resté comme un con à l’écouter. Il aurait pu me sortir n’importe quel charabia que j’aurais pu prendre les bouquets les plus moches. J’y connais rien en fleurs. Ca m’intéresse pas. Ces choses se fanent et se meurent. Quel est l’intérêt ? Et une fois toute cette merde de réglée, j’avais simplement glissé cette foutue carte en balançant une idiotie, en étant persuadé qu’il viendrait jamais mettre les pieds ici.

J’me suis planté royal.

Et une fois la surprise passée de le voir rentrer dans notre super restaurant cocoon, je peux pas m’empêcher d’avoir l’impression de faire face à un cosmonaute qui débarque sur la lune. J’suis même pas certain que ses pieds touchent le sol. Et j’vous parle pas du sourire figé sur ses lèvres. Faut-il lui rappeler qu’ici c’est un restaurant et pas la Petite Maison dans la Prairie ? Mais le pire, ce sont les autres. La façon dont ils le regardent. C’est comme s’ils voyaient Miss Univers passer devant eux. Alors ils lui rendent son sourire niais. Et moi j’suis obligé de me taper la putain de parade.

Une pizza jambon fromage que tu dis ? Ouai elle est prête. Mais j’ai franchement un doute. Alors bien malgré moi, j’hausse un sourcil circonspect. T’es sûr que tu vas la manger sale gosse ?

« Euh ouai, au nom de Rose ? »

Ca doit être une putain de joke. Bonjour, moi c’est Monsieur Rose, je suis fleuriste. Il aurait fallu que mon nom ce soit Margarita pour pouvoir travailler ici ?!

« Sur place c’est bien ça ? »

Je vais devoir me farcir sa dégustation, je sens que je vais flancher. Parce que c’est certain que lui, il mange pas, il déguste. Et dans 5 heures on y sera toujours.

Et je lui fais signe de me suivre pour lui présenter une petite table de libre, à côté de la fenêtre qui donne sur la rue. Et assez éloigné du comptoir. Sans perdre de temps, et sans m’appesantir sur d’éventuelles politesses, je retourne en arrière pour aller lui chercher sa pizza. Que je lui sers avec toute la grâce dont je suis capable. C’est-à-dire aucune.

« Ah et le boss est content. Pour les fleurs. Il les trouve… belles. »

Ouai c’était bien ça qu’il a dit ? J’sais plus. Mais au pire, c’est bien ça qu’on dit des fleurs non ?

« Si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas. Et on fait des doggy bag si jamais. »

Désolé, j’ai pas pu m’en empêcher. Mais je suis toujours autant persuadé qu’il pourra pas la finir sa pizza. Et je tourne les talons parce que j’arrive au bout de mes capacités, j’aurais presque besoin de lunettes de soleil parce que le mec, j’vous jure, il scintille.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Lun 16 Juil - 17:01






two souls with one pizza ||


 



l’air est lourd,
d’un coup,
beaucoup trop flou,
peu doux.
l’air est lourd,
dur à comprendre,
dur à entendre.

Ce gars-là. Son prénom t’échappe déjà mais son expression faciale pourrait se peindre dans l’univers. Son regard tu peux l’décrire une fois deux fois ; austère. Pas besoin d’avoir une d’ces intelligences pour comprendre la situation. Pas besoin de comprendre que ta présence ici c’est comme être le mauvais poisson. T’es pas dans l’bon océan, pas dans la bonne mer, lui c’est un putain de requin et toi il te faut de l’air.

Tu la sens en toi. Cette sensation d’être presque pas – totalement -  le bienvenu, mais ça te fait tellement rien. Tellement rien. Il t’en faut tellement pour te foutre mal à l’aise. Il t’en faut tellement plus pour qu’ce gars soit celui qui t’tire une balle à l’anglaise.

Et ton sourire ne se fane pas lui.
Il s’ajuste, s’étire.
t’sais pas si c’est par amusement ou pas envie.

Timotéo, tu aimes presque sentir ce non désir, l’irritation qui doit souffler dans ses pores. Le gars grincerait des dents qu’t’en rirait jusqu’à la mort. Mais tu n’aimes pas qu’on te déteste, qu’on te juge pour une partie de ton âme sans jeter un coup d’oeil au reste.

( alors tu lui lances ton sourire le plus brillant )
( tellement de vrai dans une fausseté inexistante )

( tu t’accoudes au comptoir, croise tes pieds au sol un instant puis regarde autour de toi ; pas besoin de lui donner d’l’attention quand c’est lui qui veut t’voir partir où il n’est pas. )


– Sur place, oui ~ ( puis tu laisses le silence s’verser comme un wisky dans un coca de supermarché ; tellement dégueulasse mais tu finis par apprécier. Le silence dure, mais tu reviens à le regarder )

belles, les fleurs ?

( tu le suis ; t’assois et murmure un merci )

Les fleurs c’est tellement plus que ça.
Ces tiges sont tellement plus importantes que ça. Tellement plus vrai. Elles ont tellement de talent et de réalité. Mais lui ne doit pas savoir, tout comme toi tu ne comprends pas vraiment l’engouement pour une pizza, du pain, d’la tomate, du fromage c’est cela ?

( tu pinces ta lèvre, parce que peut-être qu’en fait tu vas retrouver des couleurs que tu ne te souvenais plus ; tu vas avoir chaud au coeur puis ça repartira et ce sera disparu )

timotéo tu tiltes un peu, mais tu souris encore. Encore. ( encore )

– vous en faites pas, mais merci de votre gentillesse. Autant que je mange tout ici que de ramener chez moi, non ? ~

et toi d’la tienne.

( et le pire dans tout ça, c’est que le serveur en plus d’être salé ; est beaucoup trop appréciable à regarder )  



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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 16 Juil - 20:59


two souls with one pizza.

Soit les remerciements c'est pas son fort, soit mon compliment sur les fleurs était pas le bon. Au pire, c'est pas comme si j'en avais quelque chose à faire. J'ai fait de mon mieux après tout. Et ses fleurs, dans 2 semaines elles seront plus là. Elles pourriront au fond d'une poubelle. Alors toujours aussi belles les meufs ?

Et j'arrive même pas à lui rendre un semblant de sourire. Je le sens bien que si je me force, mon rictus ressemblera plus à une grimace qu'autre chose. Un truc capable de le faire fuir. Un truc que si je le voyais dans un miroir, moi aussi j'en aurais peur.

Bref.

Au pire, j'ai fait le job. Plus que le job même si on met tout bout à bout. Peut-être que l'occasion est idéale pour demander une petite augmentation de salaire, non ? Surtout si l'autre finit véritablement son assiette, ça tiendrait quand même du miracle (mais j'y crois pas une seconde).

« Comme vous le sentez. Bon appétit. »

Je lancerais bien un pari dans les cuisines. 10 balles qu'il laisse la moitié de sa pizza. D'ailleurs, la cuisine m'offre un refuge idéal. Quelques secondes loin du soleil. Le roi soleil. Ouai, voilà, je viens de servir une pizza au roi soleil. Je devrais en être heureux mais pour le moment, ça me laisse juste un foutu goût amer dans la bouche.

Mais je peux pas rester éternellement caché. La lâcheté a ses limites. Mais surtout, j'ai un boulot qui m'attend et des clients potentiellement impatients. Mon attention va et vient, elle fait tout pour ne pas se fixer sur la petite boule lumineuse du fond. Tant pis s'il le remarque. C'est ça, ou mes nerfs vont craquer. Il vaut mieux pour lui qu'ils ne craquent pas.

Il se passe combien de temps comme ça ? J'en sais rien. Mais je suis bien obligé de lever le regard quand j'entends quelqu'un s'approcher. J'en aurais presque un mouvement de recul, comme pour me protéger d'une lueur qui est en train de m'aveugler.

J'ai même pas fait gaffe à son assiette. Est-ce qu'il a... fini ?! Ca me paraît impossible, et il vient sûrement me demander le fameux doggy-bag. Non, il ne s'est pas levé pour payer. Je refuse d'y croire.

« Vous avez besoin de quelque chose ? »

Mes yeux se fixent sur ce visage angélique, sur cette peau trop pâle, sur ces yeux trop bleus. Je sais pas d'où il sort, mais il vient d'autre part, c'est pas possible autrement. J'arrive même pas à avoir une putain d'idée de l'animal qu'il peut être. Une licorne non ? J'vous jure, si c'est un prédateur, j'me jette dans l'océan pour me faire bouffer par les poissons.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Mar 17 Juil - 21:05






two souls with one pizza ||


 



Tu sais pas pourquoi parfois,
tu te mets des défis,
sans savoir pourquoi,
tu t’jettes ;
et c’est pourri.

Au fond de toi, tu savais très bien qu’aussi grande part de nourriture tu n’arriverais pas à l’avaler. c’est comme vouloir saturne alors que mars est plus près à toucher. c’est totalement débile de pousser ses limites, de croire qu’on a de la force alors qu’on préfère la fuite.

Tu es totalement débile.
Ignorant,
tu lances du feu,
de tes yeux,
en pensant être gagnant.

Le pire, c’est que tu avais faim. Timotéo. Timotéo. Timotéo. Intérieurement ton esprit t’appelle. Intérieurement la seconde guerre mondiale se bat dans le ciel. Tu as faim. Ton ventre se tord d’une façon si douloureuse que tu sais dès lors que tu ne pourras qu’avaler qu’une seule part. Tu le sais, pas besoin de lunette pour voir que tu t’es jeté dans la marée, dans un fleuve ou dans une marre.

( tu inspires ; expires ; tes doigts serrent les couverts )
( tes jointures blanchissent ; comme tes lèvres )

( et tu inspires encore ; tu as faim timotéo )
( tu te le répètes des milliers de fois )
( arrête de faire ta diva et prends des kilos )
( arrête de penser que c’est ton cœur qui fait la loi )

durant un instant tu fais le vide. l’odeur de la pizza glisse dans ton nez et passe dans tes bronches, puis tes poumons et ça ressort. l’explosion des saveurs se fait sans même que tu n’ai goûté – de la magie ; un sort ? - et ça te donne tellement envie que lorsque tu poses ton regard sur cette pizza ( et que tu te souviens ce petit pique du serveur – car cela en était un ) tu décides qu’il est temps pour toi de montrer que tu vaux vraiment plus que ça.

Tu manges.
Tu manges.
Sans t’arrêter,
sans même y penser,
et même si c’est douloureux,
même si tu n’es pas habitué,
tu continues,
comme un homme à la guerre,
car il n’y a rien de honteux,
de vouloir manger,
de vouloir faire ses preuves
à un gars qui s’en fout,
et ça t’rends fou.

Ça te rends fou.

( et lorsque tu as fini tu poses ta fourchette )
( tu trembles )
( ta vision devient abstraite )
( mais tu souris comme un idiot qui vient de parcourir un 500 mètres )

Tu te redresses et te lève et lorsque tu approches et que tu vois ce regard. Oui ce regard. Tu sens en toi comme le début d’une vraie victoire. Tu ne sais pas si tu as changé sa vision des choses sur toi – parce que tu as bien vu son air ; tu l’avais tellement vu cet air – mais ça te fait tellement du bien de le sentir déstabilisé sur place.

Et tu comprends la signification de « sur place ou à emporter »

– vous avez besoin de quelque chose ?

( tu souris ; presque fier )

Or tu fais pas le fier. Tu as mal timotéo. Tu as l’impression que ta gorge gonfle et brûle. Que ton corps vient d’être passé sous un camion ou une grue. Ton ventre semble se tendre à chaque seconde et ta respiration s’accélérer à chaque inspiration profonde. Tu as pas le temps de réfléchir, tu as pas le temps d’avertir.

( c’est comme mourir alors que tu ne fais que vivre )
( comme vomir sans même être ivre )


tu vomis.
Littéralement.
Tu vomis. Et la sensation de l’acide qui t’ébouillante de l’intérieur te fait souffrir.

( tu poses ta main sur ta bouche ; yeux écarquillés )
( l’autre tenant ton estomac )

– Je.. - Je suis vraiment désolé, je - … oh mon dieu. Je suis désolé.

( et le pire dans tout ça c’est que tu souris comme si que ce n’était que la seule chose que tu pouvais offrir pour te faire pardonner ; parce que c’est la seule chose que tes parents t’ont laissé )

( un sourire. )




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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Mer 18 Juil - 14:34


two souls with one pizza.

Par je-ne-sais quel miracle, Monsieur Rose a bel et bien fini sa pizza. Faudrait me pincer pour me convaincre que je ne suis pas en train de rêver. Fait-il partie de ces gens qui ont un appétit d’ogre et qui ne prennent pas un gramme de gras ? Ces garçons qui rendent affreusement jalouses les filles bien obligées de faire attention à leur ligne si elles veulent pas que ça atterrisse sur leurs hanches ?

Mais le destin a décidé que je n’avais pas besoin de partir plus loin dans mes réflexions. Non, le destin a choisi toute autre chose pour me remettre dignement à ma place.

Et à cause de ce sourire, je n’ai rien vu venir. Absolument rien. Trop hypnotisé par ces lèvres qui semblent s’étirer éternellement. Et je n’ai pas le temps de lui sortir l’addition, je n’ai même pas le temps d’y réfléchir. Parce que ce qui est en train d’arriver, c’est tout simplement une putain de joke.

Il m’a vomi dessus.

Littéralement.

Ce type a rendu toute sa pizza.

Et moi j’étais dans sa ligne de mire.

J’en reviens pas. Déjà parce que se faire vomir dessus c’est assez humiliant. Ensuite parce que ça veut dire qu’il a tout mangé au point de se rendre malade. Et enfin, parce que j’aurais jamais imaginé qu’il puisse vomir. A le regarder, on se dit que c’est totalement le genre de personne qui fait des cacas papillons. Vous voyez c’que j’veux dire ?

Mais malgré tout ça, il m’a véritablement vomi dessus. Et il continue à sourire ce con. Je dois en rire ou en pleurer ? Sérieux, je sais plus quoi faire là, et je sais encore moins ce que je dois lui dire.

Et derrière, j’entends des gens s’esclaffer. Ouai, ça rigole sévère dans les cuisines. Bande d’enfoirés.

Alors j’attrape un torchon qui traine et je m’essuie maladroitement alors que je réfléchis encore à ce que je dois faire. Je lui lance un regard partagé entre la surprise, l’énervement et l’ennuie. Tu m’as vomi dessus bordel, heureusement que t’es désolé.

« C’est rien, c’est rien… Ca peut arriver à tout le monde. »

Non, ça n’arrive pas à tout le monde. Mais ça m’arrive à MOI. Merde quoi.

« Je reviens. »

Et je recule dans les cuisines. Je balance un « fermez vos gueules » à l’assemblée toujours hilare. Puis j’attrape un rouleau de sopalin et verse de l’eau dans un verre. Que je ramène à notre malade de la pizza. J’me comporte presque comme un prince.

« Tenez. Ca va aller ? »

Et je tente toujours d’essuyer le désastre. Heureusement seul le comptoir et ma belle personne ont été atteints. Mais on peut dire que mon t-shirt est bon à jeter. J’envisage même pas d’essayer de le rattraper, à quoi bon ? Il risque de me rappeler ce douloureux traumatisme.

« J’vous avais pourtant dit pour le doggy-bag… »

Et je lui balance ça le plus ironiquement possible. Parce que, l’ironie, je crois que c’est la seule chose qui me reste. Et rire de tout ça. Alors ouai je craque, et un rire complètement pété s’échappe.

« Putain j’en reviens pas. Je viens de me faire vomir dessus bordel. »





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Mer 18 Juil - 16:07






two souls with one pizza ||


 



– c’est rien ça peut arriver à tout le monde.

Les rires,
qui font échos,
les regards,
en concerto,
tu les vois,
tu les sens,
ils rient de toi,
et pourtant.

Et pourtant tu restes là. À regarder ce que tu viens de faire Timotéo. Si tu pouvais prendre ton âme et l’écraser. Si tu pouvais te foutre des claques qu’est ce que tu le ferais. Intérieurement tu te hais. Tu arraches chaque fibre de ton esprit, tu les broies ; tu te hais.

( les rires sont comme des abeilles )
( elles bourdonnent )
( toutes près de tes oreilles )
( elles t’emprisonnent )

ta gorge continue de brûler ; une flamme ne veut pas s’éteindre ; immortelle à jamais. Elle laisse une trace en toi ; ce moment laissera une trace dans tes souvenirs maladroits. Tu te crispes ; sentant ton ventre grincer, trembler et tu comprends que l’idiot que tu es a vraiment franchi la seule ligne à ne pas traverser.

( tu soupires discrètement )
( le serveur s’en va )
( les milliers d’yeux te regardent fixement )
( et ton coeur bat au rythme de bombardement )

et ça se repète en toi. « c’est rien ça peut arriver à tout le monde. »
encore
« c’est rien ça peut arriver à tout le monde. »
encore jusqu’à t’en faire mal au crâne.
« c’est rien ça peut arriver à tout le monde. »

( tu pinces une, deux, trois fois ta lèvre )
( et tu saignes )

ça n’arrive pas à tout le monde. Ça n’arrive qu’à toi. Suffit d’essayer d’être un soleil pour que d’l’eau vienne d’éteindre et te retirer du monde des merveilles.
t’es pas alice Timotéo.
Peut-être blond, mais t’es pas alice, t’as pas sa bravoure, sa fourberie, sa malice.
t’es « comme tout le monde » timotéo.

Idiot.


( tu remarques que le serveur revient, il te parle, nettoie autour de lui – presque attentionné alors que pas du tout juste professionnel )
( tu pourrais en rire là maintenant, mais tu préfères éviter d’être le clown que tout le monde vient voir un soir habituel )  

– J’vous semble comme le pire des abrutis. ( tu souris ) « on fait des doggy-bag si jamais. » J’me suis jamais senti autant juger à peine arrivé dans un restaurant. ( encore plus ) vous avez raison, j’suis sur intérieurement vous me maudissez d’être assez con pour avoir tout mangé. Vous avez raison. ( encore ) J’voulais juste essayer.

t’as essayé pour lui montrer.
Pour ne plus qu’il te regarde comme une poupée.
Comme un artifice.
Un putain de robot au sourire calqué.

( tu sors ton porte monnaie )
( regarde le vide puis lui donne un billet )

– Tenez ( tu poses ta main sur ton ventre douloureux ) Encore désolé, pour vos habits, les rires de vos collègues, d’avoir fais le spectacle dans votre établissement. ( tu ricanes cette fois-ci ) la pizza était bonne quand même.


Et ça c’était le tien de pique.



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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Mer 18 Juil - 18:34


two souls with one pizza.

L’odeur du vomi reste en suspens dans l’air. Je devrais me dépêcher de nettoyer, d’éviter que cela dégoute les autres clients. Mais ça devient secondaire. Parce que l’autre a pris la parole. Et qu’avec son sourire, il me balance clairement que je me suis comporté comme un connard, qu’il voulait simplement me donner une leçon, mais qu’il s’est planté en chemin.

J’ai dû mal à en revenir. Alors ouai, je le dévisage. Les sourcils relevés puis qui se froncent. Il est vraiment sérieux là ? Je l’ai vexé au point qu’il me vomisse dessus ? Ca irait pas un tout petit peu loin ? Mais dans le fond, je peux pas m’empêcher de comprendre. Et je pensais pas que ce mec en était capable. Si seulement il pouvait se défaire de son sourire. Parce que c’est pire que tout de voir ses lèvres étirées pendant qu’il me remet à ma place.

« Et tu t’es pas dit que c’était franchement con comme idée ? »

J’suis passé au tutoiement sans le vouloir. Si le patron passe derrière pile à ce moment-là, il risque de voir rouge. Manquer de respect au client, y a pas pire… et ça signerait probablement mon licenciement.

Mais pas le temps de m’excuser, je le vois sortir son billet. J’sais même plus à combien elle est sa pizza. En vrai je m’en fous, j’ai même pas envie qu’il paye. Alors qu’il le garde son billet. Je l’attrape et lui remet de force dans la main. Ouai, le respect au client commence vraiment à être très loin…

« Gardez-le votre argent. Vous allez pas payer pour une pizza que vous avez vomie. »

Et qui était « bonne ». Oui la pizza était bonne. Il se fout clairement de ma gueule. Et il le fait bien ce con.

« La pizza était aussi bonne que vos fleurs sont belles hein ? »

Dans la logique des choses, si je voulais arranger toute cette situation merdique, il serait de bon ton que je m’excuse. Le moment est idéal. Mais c’est plus fort que moi. Ces mots n’arrivent pas à sortir de ma bouche. A la place, je continue dans la provocation. Je suis un génie.

« Bref, j’veux pas d’histoire. Si je me fie à votre sourire qui a l’air de pas vouloir se barrer, c’est que ça va. N’est-ce pas ? »

Je m’enfonce probablement. Mais le type m’a clairement dit mes 4 vérités. A mon tour maintenant de lui dire le fond de ma pensée, ça me paraît tout naturel. Mais j’ai pas envie non plus qu’il reparte complètement malade et que ça retombe sur ma gueule. Et là franchement, c’est clairement difficile de concilier les deux.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Mer 18 Juil - 19:08






two souls with one pizza ||


 



Tu sens l’énervement,
qui se pointe en lui,
qui l’fait virer dans ses retranchement,
pendant qu’toi tu souris.

Ô que oui tu le sens cet énervement qui passe dans chacunes de ses veines. Il semble pas du tout apprécier ce qu’il se passe ; ça t’fais aucune peine. Parce qu’au fond, t’as juste bougé ton pion dans un échiquier, t’as juste pris ton tour dans cette situation pour jouer.

Si tu voulais faire échec et mat Timotéo, tu perdrais ce sourire. Si tu voulais lui montrer qu’tu peux répondre ; peut-être qu’il te ferait souffrir.

( et le pire dans tout ça c’est qu’toi tu veux rien )
( le pire c’est qu’t’avais juste faim )

et si la faim n’était pas que accordée à de la nourriture, tu écrirais un livre ô combien tu es affamé ; ô combien tu as des ratures. Tu n’es qu’un brouillon après tout. Un brouillon sur du papier journal, qui n’sert sûrement à rien qu’à ouvrir sa bouche pour balancer des rayons de soleil comme une comédie musicale.

( tu soupires presque )
( presque dépité )
( presque touché )
( manquerait que quelques secondes pour que ton bateau se mette à couler. )

tu retiens tes mots.
Mon idée est aussi conne que vous. Mon idée n’en était pas une ; si vous n’aviez pas autant jugé. Pas eu autant de ce regard envers moi. Regardez moi ; mais ne me tuez pas de vos yeux. Je n’ai que la force pour une personne ; pas deux.

( tu souris lorsqu’il te rend ton billet, c’était à prévoir, ce genre de personne sont facilement blessée dans leur fierté 
ça en vrai tu n’en savais rien ; tu n’étais pas là pour présumer )

–  La beauté est subjective.

( tu murmures )

ta main tient toujours ton estomac et à sa remarque tu te redresses totalement et redevient droit.

Pourtant, pourtant, toi aussi tu as de la fierté dans l’histoire timotéo. t’as de la fierté à garder ce sourire collé à chaque bout de ce visage trop modelé. Tu ne veux juste pas qu’il voit à travers toi les problèmes de ton âme ; tu avais juste eu faim d’une pizza ; c’était pas le moment pour toi de te prendre une balle.

– on ne t’a jamais dit qu’il ne faut jamais juger les gens sur leurs apparences ?. ( tu le tutoies aussi ) je pourrais bien faire pareil et te dire « si je me fie à comment tu te comportes avec moi ça veut dire que tu es un vrai connard n’est-ce pas ? » ( tu ris ) Or je ne le fais pas, je donne toujours une chance, ce serait appréciable que tu le fasses non ? ( tu souris )

tu as mal.
Tu as vraiment mal.

( tu poses le billet sur le bar )

– et je paye. Pour me faire pardonner de t’avoir vomi dessus sans le vouloir et t’avoir gâché ce ( tu zieutes ) beau t-shirt. Encore une fois, j’suis désolé.

Tu ne veux plus te donner en spectacle,
tu veux juste rentrer chez toi et oublier ce massacre.
Tu es désolé timotéo.

tellement désolé





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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Jeu 19 Juil - 13:13


two souls with one pizza.

Le voilà qui me fait la morale. Qu’il se prend pour ma mère. On t’a jamais appris à ne pas juger sur les apparences gnagnagna... Non ducon, on m’a pas appris. On m’a rien appris à vrai dire. J’ai toujours tout appris tout seul. Je me suis construit tout seul. J’ai ma propre morale parce qu’on m’a jamais dit comment il fallait faire et que ma propre famille est composée d’enfoirés de première qui n’ont jamais prêté attention à mon existence. C’est ça que tu veux entendre ? Mais j’vais pas rentrer dans ton petit jeu à la con.  J’vais pas te donner cette satisfaction. Tu peux très bien avoir raison mais jamais j’irais l’admettre. Jamais. Tu peux vomir toutes les pizzas que tu veux, tu peux même m’insulter, j’en ai rien à foutre. Le pire, c’est que tu te rends pas compte que tu juges tout autant que moi.

Alors j’étire un large sourire. Un putain de sourire qui n’a rien de sincère, juste un bon foutage de gueule.

« Mais je suis un connard. Alors désolé princesse si je t’ai vexé mais j’vais malheureusement continuer à juger les gens sur leurs apparences. Et tu sais quoi ? J’en dormirais toujours aussi bien sur mes deux oreilles. »

Comme si ça pouvait me toucher d’une quelconque façon. Ce qui est certain pourtant, c’est que ce visage-là, il risque de pas me quitter pendant un moment. Je le sais, je le sens, j’vais me faire hanter par un putain d’ange. Finalement, sous cet air innocent, ce serait pas plutôt le diable qui sommeille en lui ? C’est une foutue contradiction à lui tout seul. Et malheureusement, je peux pas dire que ça n’éveille pas ma curiosité. J’aurais même presque envie de continuer à le provoquer, pour voir jusqu’où il est prêt à aller…

« On sait pertinemment tous les deux que ce t-shirt est affreux. Et c’est pas ton fric qui va me permettre de me payer un nouveau. »

J’attrape, encore, son billet. Et je lance un signe derrière moi pour faire signaler à mes collègues que je prends ma pause.

A nouveau, ce rictus provocateur s’est glissé sur mes lèvres. Je passe à côté de mon adorable client, sans le lâcher du regard avant de m’éclipser à l’extérieur.

A l’extérieur, la rue est plutôt calme. La plupart des gens ont fini leur repas et sont rentrés chez eux, le quartier se met doucement en sommeil. Je sors alors un briquet de ma poche. Une étincelle, une flamme, et la brulure s’étend sur le bout de papier. Adieu petit billet, Rest In Peace. Et je le jette sur le trottoir pendant qu’il se consomme lentement. La chose est réglée.

Et je peux enfin me griller une clope. Me détendre un peu. Avant que barbie princesse des fleurs finisse à nouveau par  faire don de sa présence et me faire l’honneur de ses beaux discours. J’en tremble d’impatience. Mais au moins ici, j’ai moins de risque pour que le patron m’entende. Ouai, allez, viens, j’suis prêt pour le 2ème round.




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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Jeu 19 Juil - 23:09






two souls with one pizza ||


 



Commencer une bataille sans armes,
c’est comme commencer un dessin sans crayon,
comme penser à lucifer sans le mot démon,
comme se dire qu’il existe homme sans femme.

c’est totalement impensable. Et toi t’as cru. Tu as cru Timotéo que tu pouvais rentrer dans une petite guerre avec qu’un simple couteau, alors qu’en fasse de toi on peut te foutre la misère avec un pistolet ; avec des mots.

Peu importe. Peu importe ta force. Peu importe tes sourires. Baisse les bras et n’essaie pas d’être fort à loisir. Alors qu’t’es tellement faible que tu te brises. Lui. Lui. Lui ne te brisera sûrement jamais autant que toi. Lui ne te fera jamais autant de mal autant qu’tu puisses jouer avec tes sentiments maladroits.

( tu soupires )
( tu inspires )
( prends ton mal en patience )
( évite de perdre connaissance )

– J’suis vraiment désolé. ( tu murmures presque à toi-même )

Et le pire c’est que tu le ressens,
tu le pleurerais presque.
Tu le ressens tellement fort ce désolé qu’il s’incruste, ce peint en toi comme une de ces fresques.

De la façon dont ton billet vole tu comprends, non, tu sais que sa colère est bien plus grande et que la tienne est celle qui l’engendre. C’est comme un cercle vicieux, plus tu tourneras dans ce sens, plus ce sera pire.

( t’as même plus la force de rire )

Pourtant lorsque tu vois le serveur partir dehors, partir dans un coup de vent pour disparaître devant tes yeux, tu papillonnes difficilement des yeux. t’as la conne impression que tout ton corps a l’envie de fondre, l’envie de gerber. L’impression que mêmes tes os ne savent plus comment tenir sans se laisser aller.

Garder son calme,
garder son calme
garde ton calme.

( tu sors dehors à ton tour et tu le regardes )
( tu souris, plus discret, mais avec cette pointe de regret presque voyante, cette pointe de douleur dégradante. )

quand est ce que ça s’arrête ?
– c’est marrant j’me disais qu’un sourire te vas bien. ( tu d’adosses au mur et plante ton regard dans l’vide ; pas trop sur de comment savoir commencer une conversation sans tomber encore une fois dans l’acide ) mh, ça te va bien ouais, genre bien.

Gêné tu ris dans l’blanc,
idiot tu l’sens à cran,
la fumée virevolte,
envie délirante,
de partir,
de partir si loin ;
mais d’rester si près.




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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Ven 20 Juil - 14:19


two souls with one pizza.

Inspirer. Expirer. La fumée glisse entre mes lèvres. Et ça fait un bien fou. Je me suis calé contre un mur et j’observe du coin de l’œil ce bout de papier en train de devenir cendres. Ca aussi ça fait un bien fou. J’dois avouer qu’intérieurement, j’exulte. Comme si j’avais gagné une bataille.

Mais pas la guerre.

Car l’autre finit par sortir. J’pourrais l’ignorer. Faire comme si je l’avais pas vu, pas entendu. Mais non. Apparemment, en plus d’être con, j’ai décidé d’être très con. Donc à peine a-t-il mis les pieds dehors, que mon regard se tourne vers lui. Le sourire toujours au coin des lèvres. Mais un peu moins étiré. Moins éblouissant.

Mais se méfier de l’eau qui dort.

Et à peine ouvre-t-il la bouche que je manque de m’étouffer avec la fumée de ma cigarette. Putain l’enfoiré, il veut ma mort ou quoi ?! Il est sérieux quand il dit ça ? Ouai bordel, il a l’air sérieux.

J’arrive à me calmer et à reprendre mon souffle avant de lui lancer un nouveau regard. J’me demande vraiment comment ça fonctionne là-dessous. Et je roule des yeux.

« Merde quoi, t’en loupes vraiment pas une. »

Mécaniquement, je lui tends mon paquet de clopes. J’sais pas si ça fait office de calumet de la paix mais ça peut pas faire de mal. Sauf si…

« J’te jure si tu me sors moi une connerie du genre "le tabac c’est mauvais pour la santé", j’te fais bouffer une 2ème pizza de force. »

Ouai parce que dans son monde plein de fleurs et de paillettes, ce serait totalement probable qu’on bannisse la clope et tout ce qui s’en rapproche. Et la putain d’ironie du sort veut que moi, j’suis à l’antipode de tout ça. En atteste mon petit pochon de weed au fond de ma poche.

Et en même temps, vu le caractère du  blondinet (ou du blanchinet, ses cheveux sont d’ailleurs bien trop éclatants pour être humainement normal), il serait capable de se forcer à fumer juste pour me donner tort. Et de me vomir une deuxième fois dessus. Je commence à regretter de lui avoir proposé.

« Et moi j’me disais que tu souris un peu trop pour que ce soit totalement sincère. »

Est-ce que quand il pleure, il garde ce sourire ? Quand il est profondément triste ou en colère ? Est-ce qu’il garde son masque de parade ? Ca me dépasse. Et ça me donne envie de lui arracher, de le déchirer et de lui dire de montrer son vrai visage plutôt que de se cacher derrière des artifices.

Mais on est probablement trop différent pour se comprendre.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Ven 20 Juil - 19:13






two souls with one pizza ||


 



La façon dont le silence peut aspirer ton esprit est effroyable. Il te gèlerait sur place si il en avait les pouvoirs. Le silence est à la fois une entité et une connerie. Une fin dans l’absurdité, dans les mots. Pourtant ce silence peut rester dans l’infini et aussitôt ; il te brûle – il t’aspire comme un coupable.

Tes doigts se resserrent,
ton regard file dans l’air,
dans le vide ;
dans le néant avide,
puis tu reviens à toi,
comme un réveil après un rêve,
comme si qu’t’étais chez toi,
sans la douleur à l’éveil.

( tu jettes un coup d’oeil à la main tendu devant toi mais tu ne dis rien ; ce qu’il pense n’a pas vraiment d’importance )
( tu es déjà perdu à jamais timotéo ; perdu dans un avenir figé avec un d’ces masques d’innocence )

puis tu sors ce paquet,
d’une poche arrière,
qu’tu gardes sans colère,
toujours là jamais utilisé,
des cigarettes,
une, deux, trois,
un p’tit paquet.

Il doit sûrement penser qu’t’es la princesse d’un compte enchanté, qu’tu souris tellement que les proies finissent par te fuir tellement tu brilles à leur côté. Il doit penser qu’t’es d’une de ces fragilités ; celle qui se brise une fois un os touché. Celle qui s’éclate une fois qu’t’as abattu sa dignité.

Tu parles d’une dignité Timotéo.

( tu souris en coin )

l’innocence que tu montres est comme la beauté des méduses. Elles dansent dans l’eau, te charmes, mais t’électrocute avec leur ruse. Or elles restent sincère et vraies, elles ont juste une façon différente d’exister.

Tu vis pour des sourires. Tu vis pour les autres.
Parce qu’elle t’a toujours dit « ton sourire est la plus belle chose, j’veux le voir même si je suis morte »

alors tu lui montres, avec l’entièreté de ton coeur, tu le montres, sans jamais t’cacher, sauf quand les étoiles s’éteignent et que tu te retrouves dans le noir tout seul.

( tu amènes ta cigarette à tes lèvres et l’allume dans un clic discret )

– J’en sais rien, je souris juste parce que je le sens de le faire. ( tu hausses les épaules ; le mal de ventre toujours là pour te rappeler ta bêtise ; ta faute ) j’aime juste le faire ( tu souris ) y’en a qui préfère nager, se droguer, manger ses céréales favorites à 13h30 tapante, puis moi j’préfère sourire.

Même si certaines personnes avaient l’envie de te l’arracher.
Tu continuerais.



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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 23 Juil - 16:43


two souls with one pizza.

Le silence qui s’en suit n’a rien de vraiment pesant. Mais il a ce petit quelque chose d’étrange. Comme si ce type était une bombe à retardement et que je craignais chacune de ses paroles, chacun de ses gestes… et qu’il prenait le risque de faire tout péter autour de lui. (et surtout que moi je finisse pas péter un plomb)

Mais la nicotine a au moins l’effet de me calmer. Ou peut-être que c’est le fait de me retrouver dehors à l’air libre. Sauf si on oublie cette odeur de vomi qui continue à venir me hanter au gré de la brise qui glisse sur nous.

Et il m’oblige à finalement ranger mon paquet. Parce que Môsieur a le sien et n’accepte pas ma politesse. Putain même quand j’fais un effort faut qu’il essaie de me la foutre à l’envers. Très bien alors, fume ta cigarette et ne touche pas aux miennes. Mais viens pas te plaindre après pour je sais quel raison à la con, parce que j’vais pas indéfiniment essayer d’être poli et de ne pas essayer de froisser ta noble personne. (Mais au moins il fume)

Je tire à nouveau sur ma clope pendant que mon regard erre sur les rues et les passants qui pressent le pas. C’est plus raisonnable à regarder que le regard azur de la poupée qui se trouve à mes côtés. Plus supportable aussi. Mais c’est pas pour autant que je ressens pas sa présence et ce qu’il dégage. A croire qu’il y a une aura autour de lui qui impacte tous ceux qui se trouvent à proximité. C’est gênant et désagréable. Ou peut-être que ça ne l’est pas. J’sais pas trop et c’est probablement ça le plus emmerdant.

« Au moins c’est sûr que ça coûte pas cher de sourire. Mais j’peux t’assurer que ça peut vite être chiant à supporter. »

Ou peut-être que le commun des mortels le supporte mais pas moi.

« Ton nom c’est Rose, tu vends des fleurs et tu souris tout le temps. Sérieux, ça ressemble à une putain de blague. »

Et je préfère pas imaginer son prénom. Mais c’est vrai que ça revient à juger un livre à sa couverture. Ce pour quoi, il a fini par me vomir dessus. Sûrement qu’il cache bien des choses derrière tout ça. Les apparences sont bien plus que trompeuses, elles peuvent vous manipuler et vous faire tomber de haut. L’expérience familiale m’a bien appris tout ça.

Par contre une question reste en suspens. Quel animal est-il ? Proie ou prédateur ? J’me rends compte que j’suis devenue assez curieux de sa personne. Alors je finis par tourner à nouveau les yeux vers lui, comme si croiser son regard allait me permettre de deviner.

« J’me demande s’il existe un animal capable de sourire autant que toi. »





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Ven 27 Juil - 14:10






two souls with one pizza ||


 



c’est comme se retirer une épine,
du pied,
comme se retirer un poids,
ici, arrivé,
qui émerge en toi,
ne veut plus s’en aller.

Alors tu soupires,
parce que ça fait du bien,
d’avoir moins mal,
de se sentir moins,
de ne pas sombrer,
dans les profondeurs abyssales.

( ton sourire s’étend et toute ta sincérité s’éparpille sur tes lèvres )
( t’as eu l’impression de mourir en trop mangeant, mais c’est comme un mauvais rêve )
( et lui, il est là, à te regarder alors que toi tu tires sur cette cigarette allumée ; qu’la fumée entre tes poumons pour un peu plus les décimer )

oui tu es là aussi Timotéo, une main toujours discrète sur la courbe de ton ventre plat, euphémisme d’une courbe qui n’existe pas. Tu as cette douleur constante, mais l’impression d’avoir quelque chose en moins sur soi te rend plus léger. Plus apte à contrer les piques qu’on puisse te lancer ; apte à sourire si ta gentillesse devait se montrer.

Puis tu te rends compte – ou peut-être le savais-tu déjà intérieurement – que ce serveur n’a rien de bien banal. Il n’a rien d’ordinaire comme si qu’il est la plus belle étoile que tu n’ai jamais vu. Il brille devant toi – cet inconnu. Tu vois le bon en chacun timotéo, tu vois là où tu ne pensais pas voir et lorsque tu glisses tes iris bleuté d’une opacité céleste dans ceux de Sola – assombri – tu sais qu’un inconnu comme lui à un passé rompu.

– Qu’on me supporte ou non ça change quoi ? Je resterais souriant. ( tu ris parce que personne ne peut t’enlever le but d’une vie )

( tu finis cette cigarette si vite commencée et jette le mégot dans la poubelle avant de marcher devant toi ; retirant cette main de ce ventre ; t’avais même plus la foi )
– J’ai jamais été très drôle en blague pourtant, mais ouais Rose et Fleuriste, j’ai pas choisi, il me fallait un taff et il s’est présenté et maintenant voilà. J’suis un putain d’cliché, fantastique non ? ( ton ironie est un peu salée, mais tu ris toujours ; amusé )

( tu continues de t’avancer )
tu sens sa curiosité,
il meurt de savoir,
qui tu es,
si t’es une poupée,
ou la réalité,
si t’es le cliché,
le plus vrai,
ou le plus mal fait.


– Les hyènes sourissent, mais j’suis juste un hamster de genre…. 5 cm ? Peut-être 6 ?



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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Dim 29 Juil - 16:25


two souls with one pizza.

Plus les minutes s'égrainent, et plus j'ai l'impression que tout ceci n'est qu'un jeu. Que ce type-là, avec ses airs de sainte-nitouche, a tout calculé depuis le début. Ou tout du moins, que derrière tout ce qu'il prétend montrer, il y a quelque chose d'autre. Mais j'arrive pas à savoir quoi.

Sa démarche princière, ses sourires radieux, ses yeux brillants, chacun de ses gestes... tout semble être si parfaitement parfait. Même sa façon de jeter sa cigarette dans une poubelle. Lui arrive-t-il d'être plus... humain ? Oui, ça lui arrive puisqu'il m'a lamentablement vomi dessus. Seul moment non calculé qu'il a laissé échapper. Je devrais m'en satisfaire mais non, plus ça va, plus j'ai envie de gratter et de tout écorcher.

« Ouai un putain de cliché fantastique. »

Il s'en amuse, il en rigole. Mais il est hors de question que je me laisse avoir par ses sourires et son ironie étrange.

« Un cliché que tu pourrais très bien mettre en pièces. Mais tu as l'air de t'en contenter. La facilité peut-être ? »

C'est pas comme si j'attendais une réponse. De toute façon, autant être réaliste : je n'aurais pas les réponses que je cherche. Et c'est sûrement très bien comme ça. Je n'aime pas la façon dont il a réussi à piquer un peu trop mon intérêt. Et j'ai beau avoir envie de tout écorner, je ne vois pas comment il m'en laisserait l'occasion. Mieux vaut le laisser filer, ne plus recroiser sa route et son regard, oublier les fleurs, et oublier tout cette journée.

Et je rigole parce que putain, ce qu'il vient de sortir, c'est franchement tordant. Un hamster ? Un hamster ?! Faut arrêter les conneries sérieusement. Je tire une dernière fois sur ma cigarette tout en calmant mon rire. Il doit penser que je me moque de lui, et il serait pas totalement loin de la vérité. Mais sérieusement, c'est juste la cerise sur le gâteau.

« 5 ou 6 alors ? Un centimètre ça peut faire toute la différence. »

Et dire que je croyais faire partie de ces proies les plus faibles... Il suffisait que je croise ce frêle fleuriste pour me rappeler que finalement, je me situe pas trop mal dans la chaine alimentaire. Car soyons honnête, nous restons des proies, nous le resterons toujours et nous sommes clairement positionnés pour nous faire bouffer. J'ai plus de chance de m'en sortir que lui, mais en même temps, il y a tellement plus à manger sur une antilope que sur un vulgaire hamster. Ce serait quoi, l'entrée, ou juste un truc à picorer à l'apéro ? En une bouchée et c'est fini. Pas le temps d'apprécier que la boule de poil serait déjà au fond de l'estomac.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Dim 29 Juil - 22:43






two souls with one pizza ||


 



Tu t’es jamais demandé,
si t’étais réellement un  cliché,
une copie parfaite,
de ce que tu veux paraître,
où si ce n’est que toi,
qui cherche à être comme ça,
pour le désir de l’être,
l’besoin d’exister.

E x i s t e r
respirer ?
c’noyer dans ce monde sans vraiment savoir où mettre les pieds ?

E x i s t e r ?
devenir le fou d’une planéte qui n’a qu’un tour à tourner ?
Devenir le pianiste d’un piano qui n’a aucun son à jouer ?
Devenir cet astronaute trop perdu dans l’univers pour faire de l’astronomie ?
Avoir la tête en l’air et croire que tout est permis ?

E x i s t e r.
Si tu connaissais les mots pour exister, si tu avais le vent pour respirer ; timotéo ; crois-moi, tu le ferais. Mais t’as tellement de poison dans les veines ; qui coule toutes les nuits ; que respirer devient une agonie.

Alors tu préfères être ce cliché. Ce bout de sourire qui ne durera qu’une petite éternité. L’ironie de ta vie restera donc ainsi gravé, comme l’idiot qui s’consume plus en rose que dans la normalité.

( tu ne regardes pas le serveur ; juste le vide avant de revenir sur terre et de clipser ton doux regard dans le sien )
( y’a ce petit truc qui s’ajoute à d’la curiosité ; rien de malsain ; une boule d’émotion où tu te demandes si tu parlerais encore à cet étranger demain )
( tu ne connais même pas son prénom )
( quelle ironie alors qu’il connaît déjà tout de toi )
( tout ce qu’il y a à connaître )

– être un cliché c’est pas forcément une histoire de facilité, de contentement ( tu trouvais ça amusant qu’il tente de te percer ; qu’il tente d’ouvrir ta carapace pour y regarder ) c’est juste ma personnalité.

Et les mensonges que tu balances,
sont juste là pour te protéger,
en plus des sourires que tu rends,
qui te servent de bouclier.

( tu hausses les épaules puis tu pouffes un peu ; tes mains s’enfoncent un peu plus dans tes poches )
( tu ne sais pas vraiment ce qui l’attire, tu ne sais pas vraiment pourquoi il veut savoir. Il n’y a rien à savoir de toi Timotéo ; tu ris puis sors ta main droite pour lui faire signe ; il n’y a rien à savoir de toi timotéo )

– j’aurais voulu donner satisfaction à celui qui me boufferait en faisant 6 cm mais j’en fais que 5 donc oopsie.

( tu hausses les épaules ; un air totalement détaché ; t’avais pas peur d’être attaqué ; peut-être qu’en fait tu le cherchais ; ta punition ne faisait peut-être que de commencer )




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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 30 Juil - 17:07


two souls with one pizza.

Je pense que la réponse  à toutes mes questions est simple : ce mec est perché. Voilà. Pourquoi aller chercher plus loin ? Ca semble être ce qu’il y a de plus logique. Pas la peine donc d’essayer de le comprendre puisqu’il évolue dans un monde différent, son monde. Et je n’y ai pas ma place parce que tout simplement, j’suis à l’antipode de ce qu’il est, de ce qu’il représente. Hormis le fait d’être une proie, rien ne nous rapproche. Tout du moins, c’est ce que je crois. (et je suis persuadé d'avoir raison) (j'ai toujours raison)

Parce que soyons sérieux, qui serait satisfait d’être un cliché ? Personne. Même si on en est un, c’est pas pour autant qu’on le crie sur les toits ou qu’on l’assume. Quelque chose cloche chez lui, c’pas possible autrement. Et à la limite, c’est pas plus mal comme ça. S’il est timbré, ça a le mérite de le rendre unique et différent, et de justifier tout ce qu’il fait et ce qu’il dit.

De là à savoir ce qu’il l’a rendu pété comme ça… là, je rends les armes. Ca demanderait trop de patience, trop de ruse, trop de questions. Et certainement aucune réponse. Pourquoi voudrait-il s’ouvrir à quelqu’un comme moi qui le juge et le critique ? Et probablement que ça serait encore une de ces histoires à faire pleurer dans les chaumières. Mais le problème, c’est que j’ai du mal avec ça, montrer de l’empathie, une quelconque solidarité vis-à-vis d’un drame sordide, et de se montrer compatissant et rassurant. C’est simplement pas qui je suis. Grosse grosse surprise hein ? Et c’est pas parce que je le veux pas, c’est parce que je peux pas. Je sais pas, on a dû me louper quelque part en route. Mais je suis incapable de trouver les mots ou de trouver les gestes réconfortants, ça ressemble tout de suite à de la pitié et ça m’emmerde.

Bref.

Revenons à notre cliché ambulant.

« T’as une putain de personnalité à la con, permets moi de te l’dire. »

Comme si la mienne était mieux. Mais comme c’est pas le sujet.

« Oopsie ? » Je le dévisage. « C’est un mot ça ? »

Définitivement, il en loupe vraiment pas une.

« Et fais gaffe à ce que tu dis, je pourrais très bien être celui qui serait tenté de bouffer un hamster de 5 pauvres centimètres. »

Une antilope carnivore, ça pourrait presque exister non ? Doit bien y avoir des lions vegan qui se baladent dans cette ville alors pourquoi pas l’inverse ?

Je me décolle alors du mur dans un soupir. Non pas que je m’emmerde, d’une certaine manière c’est sympa de discuter avec ce fleuriste complètement timbrée, mais il se trouve que j’ai un boulot pour lequel je suis payé et des collègues qui doivent s’impatienter de me voir discuter avec le mec qui m’a vomi dessus. Ma pause ne peut pas durer éternellement et la princesse doit bien avoir des choses à faire, genre aller nourrir les écureuils et les oiseaux, et arroser les fleurs tout en chantonnant. Comme lui-même a dit qu’il était un cliché, je continue à fond dedans.





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