two souls with one pizza || ft. S o l a l
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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Ven 13 Juil - 16:21






two souls with one pizza ||


 


 Il n’y avait qu’une adresse,
qu’un numéro,
qu’t’on parfum paresse,
et l’envie d’sortir de l’eau.

T’as regardé la carte glissée entre tes doigts. Ou peut-être fixer. Te demandant un instant si cette carte n’avait été donné que par le service que tu avais donné. Peut-être y’avait-il de l’ironie dans ce papier carton, autant que de l’énervement dans ce regard – de l’irritation ?

Des pizzas ?

Ça fait combien de temps que tu n’as pas goûté ? Oser marcher dans le quartier ? Sortir de ton monde pour prendre quelque chose à manger ? Peut-être n’as-tu jamais trop apprécié cette solitude morbide une fois que tes amis rentrent chez eux – peut-être parce que tu sais en quoi une pièce vide peut broyer chaque veine de ta conscience. Et le pire – dans tous les cas – c’est que personne t’influence.

Des pizzas.

( tu serres le papier entre tes doigts une fois qu’il est parti. )

Des putains de pizzas Timotéo.

( tu ris et sans l’savoir t’as pris ton sac le soir sans attendre la nuit )
( t’en a commandé une bien avant minuit )

Tu t’es retrouvé là, devant ce restaurant peu gastronomique en vu de la quantité de gras qu’une pizza pouvait apporter. Tu t’es retrouvé là –  idiot –  dans une situation qui semblait tellement ordinaire pour un mardi soir. Mais qui ne l’était pas. Pas pour toi, ni ton estomac. Et tu cherches, dans tes souvenirs – ceux que tu as triés au fur et à mesure des années – la dernière fois que tu es venu manger une vraie pizza dans une pizzeria.

Grand-mère et grand-père devait être vivant.

( tu flanches devant la porte )

tu détestes ces souvenirs,
autant que tu les aimes,
autant ils te freinent,
autant ils te font frémir.

L’endroit est beau – sobre – toutes les pizzeria semblent avoir la même aura. «  ici on mange bien » et ça te fait un peu plus étirer les lèvres. Ton sourire ne manque à personne, certains mangent déjà dehors – les insectes grésillonnent.  

( tu avances à l’intérieur puisque la porte est ouverte )

Tes iris semblent directement s’accrocher à toutes les décorations que tu vois. Ce vase là n’est pas droit. Il y a une tache sur le comptoir. L’odeur a des couleurs que tu ne connais pas. Ton sourire s’élargit. Une impression de revenir chez soi te prend les tripes. C’est comme quitter son pays natale pendant plusieurs années et le retrouvé comme ça – avec l’impression que le monde s’est figé. Ça te fait du bien. Ces bruits autour de toi, ces clients qui rient et qui mangent. Le bourdonnement incessant des plats en cuisine qui s’entrechoquent ou qui se rangent. Ça te fait du bien.

( tu le vois ce garçon. Ton regard se clipse dans le sien et tu lui souris. Joyeux, tu t’avances. )


– Bonsoir, j’ai commandé une pizza.. mh, jambon fromage il y a une heure ?


Tu pinces ta lèvre, une fois. Puis deux fois. Puis trois.




©️ by Narcisse.






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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 16 Juil - 12:31


two souls with one pizza.

Si je pensais le voir débarquer le soir même ? Pas du tout.

Si je pensais le voir débarquer un jour ? Encore moins.

Regardez-le. Un coup de vent trop fort et il se brise. Une telle personne est censée manger du quinoa ou de la salade, pas de la pizza.

En lui laissant la carte du restaurant ce matin, c’était simplement pour le geste. Pour la jouer « commerciale » (alors que j’ai rien d’un commercial). Ca me faisait déjà suffisamment chier d’acheter des foutues fleurs pour soi-disant donner une ambiance « plus cocoon ». Depuis quand une pizzeria se doit d’être « cocoon » ? Mon patron se la joue bobo à la con. Mec, tu fais des pizzas, point barre. Les gens viennent ici se faire péter le bide, pas pour s’y sentir bien (ou peut-être que si ?). Et c’est moi qui me la suis coltiné la mission fleurs.

Quand je me suis retrouvé face à l’énergumène, j’suis resté comme un con à l’écouter. Il aurait pu me sortir n’importe quel charabia que j’aurais pu prendre les bouquets les plus moches. J’y connais rien en fleurs. Ca m’intéresse pas. Ces choses se fanent et se meurent. Quel est l’intérêt ? Et une fois toute cette merde de réglée, j’avais simplement glissé cette foutue carte en balançant une idiotie, en étant persuadé qu’il viendrait jamais mettre les pieds ici.

J’me suis planté royal.

Et une fois la surprise passée de le voir rentrer dans notre super restaurant cocoon, je peux pas m’empêcher d’avoir l’impression de faire face à un cosmonaute qui débarque sur la lune. J’suis même pas certain que ses pieds touchent le sol. Et j’vous parle pas du sourire figé sur ses lèvres. Faut-il lui rappeler qu’ici c’est un restaurant et pas la Petite Maison dans la Prairie ? Mais le pire, ce sont les autres. La façon dont ils le regardent. C’est comme s’ils voyaient Miss Univers passer devant eux. Alors ils lui rendent son sourire niais. Et moi j’suis obligé de me taper la putain de parade.

Une pizza jambon fromage que tu dis ? Ouai elle est prête. Mais j’ai franchement un doute. Alors bien malgré moi, j’hausse un sourcil circonspect. T’es sûr que tu vas la manger sale gosse ?

« Euh ouai, au nom de Rose ? »

Ca doit être une putain de joke. Bonjour, moi c’est Monsieur Rose, je suis fleuriste. Il aurait fallu que mon nom ce soit Margarita pour pouvoir travailler ici ?!

« Sur place c’est bien ça ? »

Je vais devoir me farcir sa dégustation, je sens que je vais flancher. Parce que c’est certain que lui, il mange pas, il déguste. Et dans 5 heures on y sera toujours.

Et je lui fais signe de me suivre pour lui présenter une petite table de libre, à côté de la fenêtre qui donne sur la rue. Et assez éloigné du comptoir. Sans perdre de temps, et sans m’appesantir sur d’éventuelles politesses, je retourne en arrière pour aller lui chercher sa pizza. Que je lui sers avec toute la grâce dont je suis capable. C’est-à-dire aucune.

« Ah et le boss est content. Pour les fleurs. Il les trouve… belles. »

Ouai c’était bien ça qu’il a dit ? J’sais plus. Mais au pire, c’est bien ça qu’on dit des fleurs non ?

« Si vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas. Et on fait des doggy bag si jamais. »

Désolé, j’ai pas pu m’en empêcher. Mais je suis toujours autant persuadé qu’il pourra pas la finir sa pizza. Et je tourne les talons parce que j’arrive au bout de mes capacités, j’aurais presque besoin de lunettes de soleil parce que le mec, j’vous jure, il scintille.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Lun 16 Juil - 17:01






two souls with one pizza ||


 



l’air est lourd,
d’un coup,
beaucoup trop flou,
peu doux.
l’air est lourd,
dur à comprendre,
dur à entendre.

Ce gars-là. Son prénom t’échappe déjà mais son expression faciale pourrait se peindre dans l’univers. Son regard tu peux l’décrire une fois deux fois ; austère. Pas besoin d’avoir une d’ces intelligences pour comprendre la situation. Pas besoin de comprendre que ta présence ici c’est comme être le mauvais poisson. T’es pas dans l’bon océan, pas dans la bonne mer, lui c’est un putain de requin et toi il te faut de l’air.

Tu la sens en toi. Cette sensation d’être presque pas – totalement -  le bienvenu, mais ça te fait tellement rien. Tellement rien. Il t’en faut tellement pour te foutre mal à l’aise. Il t’en faut tellement plus pour qu’ce gars soit celui qui t’tire une balle à l’anglaise.

Et ton sourire ne se fane pas lui.
Il s’ajuste, s’étire.
t’sais pas si c’est par amusement ou pas envie.

Timotéo, tu aimes presque sentir ce non désir, l’irritation qui doit souffler dans ses pores. Le gars grincerait des dents qu’t’en rirait jusqu’à la mort. Mais tu n’aimes pas qu’on te déteste, qu’on te juge pour une partie de ton âme sans jeter un coup d’oeil au reste.

( alors tu lui lances ton sourire le plus brillant )
( tellement de vrai dans une fausseté inexistante )

( tu t’accoudes au comptoir, croise tes pieds au sol un instant puis regarde autour de toi ; pas besoin de lui donner d’l’attention quand c’est lui qui veut t’voir partir où il n’est pas. )


– Sur place, oui ~ ( puis tu laisses le silence s’verser comme un wisky dans un coca de supermarché ; tellement dégueulasse mais tu finis par apprécier. Le silence dure, mais tu reviens à le regarder )

belles, les fleurs ?

( tu le suis ; t’assois et murmure un merci )

Les fleurs c’est tellement plus que ça.
Ces tiges sont tellement plus importantes que ça. Tellement plus vrai. Elles ont tellement de talent et de réalité. Mais lui ne doit pas savoir, tout comme toi tu ne comprends pas vraiment l’engouement pour une pizza, du pain, d’la tomate, du fromage c’est cela ?

( tu pinces ta lèvre, parce que peut-être qu’en fait tu vas retrouver des couleurs que tu ne te souvenais plus ; tu vas avoir chaud au coeur puis ça repartira et ce sera disparu )

timotéo tu tiltes un peu, mais tu souris encore. Encore. ( encore )

– vous en faites pas, mais merci de votre gentillesse. Autant que je mange tout ici que de ramener chez moi, non ? ~

et toi d’la tienne.

( et le pire dans tout ça, c’est que le serveur en plus d’être salé ; est beaucoup trop appréciable à regarder )  



©️ by Narcisse.






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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 16 Juil - 20:59


two souls with one pizza.

Soit les remerciements c'est pas son fort, soit mon compliment sur les fleurs était pas le bon. Au pire, c'est pas comme si j'en avais quelque chose à faire. J'ai fait de mon mieux après tout. Et ses fleurs, dans 2 semaines elles seront plus là. Elles pourriront au fond d'une poubelle. Alors toujours aussi belles les meufs ?

Et j'arrive même pas à lui rendre un semblant de sourire. Je le sens bien que si je me force, mon rictus ressemblera plus à une grimace qu'autre chose. Un truc capable de le faire fuir. Un truc que si je le voyais dans un miroir, moi aussi j'en aurais peur.

Bref.

Au pire, j'ai fait le job. Plus que le job même si on met tout bout à bout. Peut-être que l'occasion est idéale pour demander une petite augmentation de salaire, non ? Surtout si l'autre finit véritablement son assiette, ça tiendrait quand même du miracle (mais j'y crois pas une seconde).

« Comme vous le sentez. Bon appétit. »

Je lancerais bien un pari dans les cuisines. 10 balles qu'il laisse la moitié de sa pizza. D'ailleurs, la cuisine m'offre un refuge idéal. Quelques secondes loin du soleil. Le roi soleil. Ouai, voilà, je viens de servir une pizza au roi soleil. Je devrais en être heureux mais pour le moment, ça me laisse juste un foutu goût amer dans la bouche.

Mais je peux pas rester éternellement caché. La lâcheté a ses limites. Mais surtout, j'ai un boulot qui m'attend et des clients potentiellement impatients. Mon attention va et vient, elle fait tout pour ne pas se fixer sur la petite boule lumineuse du fond. Tant pis s'il le remarque. C'est ça, ou mes nerfs vont craquer. Il vaut mieux pour lui qu'ils ne craquent pas.

Il se passe combien de temps comme ça ? J'en sais rien. Mais je suis bien obligé de lever le regard quand j'entends quelqu'un s'approcher. J'en aurais presque un mouvement de recul, comme pour me protéger d'une lueur qui est en train de m'aveugler.

J'ai même pas fait gaffe à son assiette. Est-ce qu'il a... fini ?! Ca me paraît impossible, et il vient sûrement me demander le fameux doggy-bag. Non, il ne s'est pas levé pour payer. Je refuse d'y croire.

« Vous avez besoin de quelque chose ? »

Mes yeux se fixent sur ce visage angélique, sur cette peau trop pâle, sur ces yeux trop bleus. Je sais pas d'où il sort, mais il vient d'autre part, c'est pas possible autrement. J'arrive même pas à avoir une putain d'idée de l'animal qu'il peut être. Une licorne non ? J'vous jure, si c'est un prédateur, j'me jette dans l'océan pour me faire bouffer par les poissons.





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Timotéo Rose
staff + hamtaro top-budget
Hier à 21:05






two souls with one pizza ||


 



Tu sais pas pourquoi parfois,
tu te mets des défis,
sans savoir pourquoi,
tu t’jettes ;
et c’est pourri.

Au fond de toi, tu savais très bien qu’aussi grande part de nourriture tu n’arriverais pas à l’avaler. c’est comme vouloir saturne alors que mars est plus près à toucher. c’est totalement débile de pousser ses limites, de croire qu’on a de la force alors qu’on préfère la fuite.

Tu es totalement débile.
Ignorant,
tu lances du feu,
de tes yeux,
en pensant être gagnant.

Le pire, c’est que tu avais faim. Timotéo. Timotéo. Timotéo. Intérieurement ton esprit t’appelle. Intérieurement la seconde guerre mondiale se bat dans le ciel. Tu as faim. Ton ventre se tord d’une façon si douloureuse que tu sais dès lors que tu ne pourras qu’avaler qu’une seule part. Tu le sais, pas besoin de lunette pour voir que tu t’es jeté dans la marée, dans un fleuve ou dans une marre.

( tu inspires ; expires ; tes doigts serrent les couverts )
( tes jointures blanchissent ; comme tes lèvres )

( et tu inspires encore ; tu as faim timotéo )
( tu te le répètes des milliers de fois )
( arrête de faire ta diva et prends des kilos )
( arrête de penser que c’est ton cœur qui fait la loi )

durant un instant tu fais le vide. l’odeur de la pizza glisse dans ton nez et passe dans tes bronches, puis tes poumons et ça ressort. l’explosion des saveurs se fait sans même que tu n’ai goûté – de la magie ; un sort ? - et ça te donne tellement envie que lorsque tu poses ton regard sur cette pizza ( et que tu te souviens ce petit pique du serveur – car cela en était un ) tu décides qu’il est temps pour toi de montrer que tu vaux vraiment plus que ça.

Tu manges.
Tu manges.
Sans t’arrêter,
sans même y penser,
et même si c’est douloureux,
même si tu n’es pas habitué,
tu continues,
comme un homme à la guerre,
car il n’y a rien de honteux,
de vouloir manger,
de vouloir faire ses preuves
à un gars qui s’en fout,
et ça t’rends fou.

Ça te rends fou.

( et lorsque tu as fini tu poses ta fourchette )
( tu trembles )
( ta vision devient abstraite )
( mais tu souris comme un idiot qui vient de parcourir un 500 mètres )

Tu te redresses et te lève et lorsque tu approches et que tu vois ce regard. Oui ce regard. Tu sens en toi comme le début d’une vraie victoire. Tu ne sais pas si tu as changé sa vision des choses sur toi – parce que tu as bien vu son air ; tu l’avais tellement vu cet air – mais ça te fait tellement du bien de le sentir déstabilisé sur place.

Et tu comprends la signification de « sur place ou à emporter »

– vous avez besoin de quelque chose ?

( tu souris ; presque fier )

Or tu fais pas le fier. Tu as mal timotéo. Tu as l’impression que ta gorge gonfle et brûle. Que ton corps vient d’être passé sous un camion ou une grue. Ton ventre semble se tendre à chaque seconde et ta respiration s’accélérer à chaque inspiration profonde. Tu as pas le temps de réfléchir, tu as pas le temps d’avertir.

( c’est comme mourir alors que tu ne fais que vivre )
( comme vomir sans même être ivre )


tu vomis.
Littéralement.
Tu vomis. Et la sensation de l’acide qui t’ébouillante de l’intérieur te fait souffrir.

( tu poses ta main sur ta bouche ; yeux écarquillés )
( l’autre tenant ton estomac )

– Je.. - Je suis vraiment désolé, je - … oh mon dieu. Je suis désolé.

( et le pire dans tout ça c’est que tu souris comme si que ce n’était que la seule chose que tu pouvais offrir pour te faire pardonner ; parce que c’est la seule chose que tes parents t’ont laissé )

( un sourire. )




©️ by Narcisse.






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