DESPAIR, HANGOVER AND ECTASY_élise
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Louise C. Fitzgerald
employée de fast-food + écureil
Sam 21 Juil - 6:21

une hâte sans fondements avait poussé louise à revenir là, ce soir, avec habitude presque, mais d'une habitude qui ne se lasse pas - elle connaissait le chemin par cœur. le pas toujours pressé, elle ne s'encombrait pas des petites inquiétudes populaires tel que - et si j'y allais accompagnée ? pour qu'on puisse me ramener si je bois un peu trop ? personne n'attendait louise dans son appartement ; ce n'était pas la chaleur humaine qu'elle cherchait de toute manière. c'était quelque chose de plus concret, c'était le tournis des liqueurs froides, et le mal de ventre qui remplace le mal de cœur - elle s'était faite une routine des nitescences sans jour comme des reflets fluorescents qui attaquent les neurones ; louise ne se détruit pas, non ! louise se reconstruit. c'est un désastre très imagé - c'est un peu comme une pile qu'on détruit et qu'on cherche, chaque matin, à reproduire à l'identique, en tâchant au mieux de ne pas la faire tomber. elle n'était pas très forte à cet exercice ; car inévitablement, la pile tombait, et louise chutait dans une nouvelle stupre chaque soir.

il était trois heures quand elle sortit de la boîte - une bile lui était montée au cœur, comme pour la prévenir qu'il était désormais trop tard, et que le chemin de la maison se confondait avec tous les autres - c'est cela, passé une heure louise n'habite plus nulle part, elle seule est habitée des plaisirs diluviens de la boisson ; un péché couleur champagne lui tient la taille et la retient sur le bas-côté, lui refile des relents sans panache, des idées à vomir - c'est ce qu'elle fait à plusieurs reprises sans plus se soucier du monde autour. car ce soir louise est seule, car louise, ah louise ! dans tout son égoïsme de petite personne craintive, partait du principe que le monde n'existait plus du moment qu'elle ne le voyait pas. et louise voyait flou : le monde n'était plus qu'une flaque informe où l'on riait à l'envers. le monde tout d'un coup, lui semble inutile et écœurant. le monde entier lui monte à la gorge ; elle le recrache une cinquième fois et relève la tête, toute blême, le crâne encore plein des ondes.

la musique paraît lointaine comme l'euphorie des premiers alcools, ces moments d'aisance où tout le corps est baigné d'une lumière liquide et blanche, qui s'étend à l'infini - ça lui arrache un rire bref et ivre, plein de rancune sur sa physiologie qui ne tient rien et qui fait s'écrouler tous les effets secondaires sur ses épaules. elle ne se tient même pas assise, elle est un peu avachie sur la chaussée, c'est une diva désossée qui ne pourrait même plus chanter. sa gorge est si sèche ! et ses yeux sont mouillés de larmes amères, qui décomposent les couleurs en nuances crues, palpables, en teintes vives qui crèvent les yeux - la rue en face d'elle est vert absinthe et les rebords s'écoulent en rouge rubis. c'est un peu douloureux mais pas autant que son manteau : elle l'a gardé malgré la chaleur, l'a dézippé jusqu'au ventre seulement, pour laisser passer l'air. il éclate toute sa vue - aussi elle fait un effort monstre pour ne pas baisser les yeux, alors son regard se perd sur les immeubles, là, sur les gens, mais il n'y a plus de gens, il n'y a plus que des fantômes citron et bleu de prusse.

louise crache une peinture vermillon - son souffle est disparate et elle sent qu'elle s'enfonce de plus en plus dans ce lac profond qu'on nomme chaos. que ce n'est pas qu'une fièvre du samedi soir, d'ailleurs quel jour sommes-nous, elle ne sait pas, elle ne veut pas travailler demain. louise pleure et elle ne fait rien pour empêcher ça ; il lui semble que son esprit s'est séparé de son corps et qu'elle assiste à sa déchéance d'un point de vue extérieur, qu'elle observe passivement l'évolution de sa déliquescence volontaire.

louise pleure et jette la bouteille vide depuis longtemps. louise veut hurler mais encore une fois son corps l'en empêche, elle a mal a la gorge, et pleure, et gémit, elle n'a plus rien à vomir. personne ne fait attention à elle - tant mieux, elle préfère que ça reste privé. après tout elle est loin d'être la seule à mourir sur les trottoirs pour renaître le lendemain ; c'est là un défilé de cadavres geignants, un enterrement des souvenirs dont on se rappellera une fois le matin venu. la douce ironie lui monte à la tête, car tout monte à sa tête au final, la haine, la rancœur, les amour, les colères par million - tout cela baigne dans un océan d'alcool et tout cela la fait rire, haha, haha ! c'est là tout le cycle de la destruction programmée au jour près. et honnêtement, ça la fait rire.

puis au milieu de ça il y a élise.

elle ne pense pas tout-de-suite à elle, quand elle voit une silhouette qui s'approche plus que les autres, qui se détache de la masse des spectres lumineux et colorés pour se pencher vers elle. elle croit qu'elle rêve ou peut-être qu'elle va bientôt mourir - mais louise ne rêve pas et elle se sent bien vivante, elle sursaute même un peu quand cette silhouette la prend par le bras, essaye de la relever, lui dit quelque chose. elle n'entend pas bien ; tous les sons sont des couleurs et toutes les couleurs sont saturées, elle a mal aux yeux, ses oreilles sifflent, elle retient in extremis tout débordement en présence d'un âme charitable. elle se tient à peu près debout quand son regard larmoyant se relève sur le visage demeuré flou - elle persévère, la fixe, remarque des traits connus, une veste en cuir, une mèche décolorée. elle a déjà vu tout ça.

- élise

ça sort avec une faiblesse pitoyable mais avec une tendresse déconcertante, louise trouve la force de s'éclaircir la gorge, entrouvre les lèvres, mais tout autre mot cale au fond de sa gorge. élise, élise, élise - le prénom tourne dans sa tête avec la saveur des évangiles, il se mélange à tout le reste mais demeure intact, intouché. élise semble si forte ; elle sait qu'elle ne l'est pas vraiment, mais louise n'y pense plus trop à ce moment-là. élise est forte. non, mieux, élise est invincible, et plus important encore, élise est là. elle n'hésite plus à fondre en un ultime sanglot et se jeter dans ses bras - le cap de toute pudeur est passé depuis longtemps et louise cherche de l'appui, du réconfort, et malgré tout un peu de chaleur. louise a immensément chaud. mais elle a chaud de fournaise quand élise a chaud d'humanité, de sécurité et de tendresse.

alors louise se sent d'un froid de morte.

- je suis désolée... j'ai trop bu...

elle ravale le "encore" avec une honte qui lui est familière. il est devenu inutile puisque évident - louise a encore trop bu, car louise boit toujours trop. l'excès est un habit qu'elle n'ôte jamais dans sa pudeur d'adolescente, qui se retient constamment, et avec une résistance affligeante, de faire les choses correctement.





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Elise Lambert
étudiante en ingénierie + rat
Dim 22 Juil - 23:37


Despair, Hangover & ectasy

Déchéance au milieu de la nuit

La musique, si forte dans mes oreilles et si présente dans mon esprit, s'estompe peu à peu au fur et à mesure que je sors de cette boîte de nuit. Club parmi tant d’autre dans la ville, qui n’aura pas survécu à notre nouveau passage. On est là, marchant dans la rue, hilare. L’alcool circule dans notre sang et la drogue dans nos poumons. Il est trois heures du matin passé, et c’est mon moment préféré de la journée.
C’est ce moment de transition.
Celui qui dit que la nuit est finie. La lune brille haut dans le ciel au milieu des étoiles, bientôt elles seront les seules lumières éclairant la ville. Les établissements commencent à se vider petit à petit et les gens rentrent chez eux, marquant la cité pour un soir.
C’est ce moment de transition.
Celui qui annonce le début d’une nouvelle journée. Dans quelques heures, peut-être une heure ou deux, le soleil va se lever. Petit à petit, les gens vont partir travailler. La nuit va laisser sa place au jour, avant que tout ne recommence dans un cycle sans fin.

Bref. C’est le moment de changement. Celui où l’on bascule dans l’une des deux faces de Zootopia. C’est la fin d’hier et le début de demain.

Et quelle est la meilleure manière de démarrer une journée ? Avec de bonnes bouteilles d’alcool pour continuer la soirée. Evidemment.
Petite bande qu’on est, 7 personnes liés par l’alcool et l’amitié (bien que seulement 6, l’un de nous a abandonné) on s’empresse de courir dans les rues, riant à en perdre la tête. Les bars et les clubs nous ont peut-être mis dehors, mais nous n’avons pas fini la nuit. La fête n’est pas terminée, pas encore. C’est à croire qu’elle ne le sera jamais.
Ce soir, on va conquérir le monde. Tous les 6.

Ou peut-être pas.
Marchant dans les rues de Zootopia, on esquive les cadavres (bouteilles et humains) au milieu de nos pas. Tous ces gens rattrapés par le vice, ça fait peine à voir, cette déchéance. Pourtant je ne ressens rien à part un peu de compassion. Ces visages inconnues qui se tordent à cause de l’alcool… je serai bien incapable de faire la moindre remarque. J’ai été bien trop souvent à leur place!
Pourtant, parmi ces silhouettes gisantes, il y a quelque chose qui attire mon attention.

"Désolée les mecs ! Ce soir vous allez devoir vous amuser sans moi, j’ai un truc à faire. Promis je vous raconte demain ! On s’voit à la fac ! Je vous aime !"

Protestations, grognements, incompréhensions. Mes pairs se demandent où je file et marquent leur mécontentement. Je ne les écoute pas et je parviens à m'éclipser. Il y a plus important: ce corp au milieu de la chaussée, ce visage si perdu et douloureux. Je le reconnais.
Enfin… c’est surtout cet anorak aux couleurs bien trop flashy qui m’a fait tilter. Le genre de fringue qui attire l’oeil d’un aveugle. A des kilomètres.
Petit anorak qui se jette dans mes bras, murmurant mon prénom.

"Louise… chhh... Louise ! Je suis là ma belle, tout va bien..."

Je la sers contre moi. Mes mains glissent sur son visage pour se coller à ses joues. Je les caresse délicatement dans un geste affectueux, rassurant… et maladroit. Sous alcool, mes gestes sont bien plus pataux et ma tactilité décuplée. Il va falloir que Louise fasse avec, parce que je ne vais pas la lâcher.
Je lui dépose un baiser sur le front, puis sur la joue. Délicatement. J’essaye de la calmer.

"Hm… par contre, tu sens… bref. Je te préfère quand tu sors de la douche !"

Je crois qu’elle a vomit. Genre... Beaucoup. Je tente de réorganiser quelques mèches qu’elle a sur le visage. Mon effort est totalement vain. J’éclate de rire.
Rire cristallin, trop pur, qui contraste avec le paysage. Je ne devrais pas rire dans un moment pareil, j’en suis bien consciente. Mais moi aussi Louise, moi aussi j’ai trop bu.

"C’est pas grave, Louise. Enfin, si, tu aurais pu m’attendre ! Heureusement je suis une personne pleine de bonté alors je te pardonne. Allez… viens là."

Je passe un de ses bras par dessus mon épaule pour qu’elle puisse s’appuyer sur moi. Une de mes mains attrape la sienne pendant que l’autre maintient sa taille contre mon corps. Je ne devrais pas, mais cette situation me fait marrer. J’ai l’impression de m’occuper d’une enfant… alors que de nous deux, l’aînée, c’est elle.
M’enfin, ça me fait marrer mais… ça me fait aussi un peu mal au coeur. La voir comme ça, au fond du gouffre et au bout du rouleau… c’est douloureux.
Je n’aime pas la voir aussi perdue.

Mais t’en fais pas, Louise. Maintenant je suis là. Ton fidèle chevalier va te sortir de là. Promis.

"Je te ramènerai bien chez moi, mais c’est un peu loin à pied. C’est comme tu veux… si tu te sens de marcher ! Sinon j’ai un autre plan à te proposer. Je t'emmène dans une de mes planques secrètes. Je ne t’en dis pas plus pour le moment… tu verras, ça vaut le détour…"

Je prends un ton mystérieux. Enfin, je tente. Je suis saoule, moi aussi. Je parle vite, je parle fort, et je parle beaucoup. Tout s’enchaîne dans mon esprit: les possibilités qu’on a, où aller pour qu’elle se sente mieux, comment faire pour la gérer… Tout se brouille. J’arriv pas à réfléchir. Trop d’alcool.
Tant pis, on verra bien ! Il faut vivre dangereusement.

"Tu choisis ! Soit on marche longtemps mais tu atterris dans un lit, soit on marche un peu vers un endroit magnifique mais on sera dos au béton."

Je la ramène contre moi pour être sûr qu’elle soit stable et je commence à avancer.
@Louise louise est bcp trop choupichou omg :crying: (on dirait moi quand j'ai trop bu wllh)
Awful


We might not know why, we might not know how
But baby, tonight, we're beautiful now
We'll light up the sky, we'll open the clouds
Cause baby, tonight, we're beautiful now, we're beautiful
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Fabuleuse bannière faite par north.
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Merci à vivi et yun pour les avatars <3




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