Le cercle des hyprocites disparus ϟ Jude
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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Lun 30 Juil - 16:58


le cercle des hypocrites disparus.

Parfois, je regrette amèrement d’être amadoué par la perspective de quelques billets. Je me fais facilement avoir. Et ça commence à se savoir… Alors quand une de mes clientes assez friquée m’a proposé de l’accompagner à l’une de ses soirées en me promettant que j’allais pouvoir vendre ma came ultra facilement, j’ai pas réfléchi et j’ai dit oui. Je savais qu’elle venait d’un milieu que j’appréciais franchement moyennement. Suffisait de voir ses fringues de luxe et ses manières de petite bourgeoise. Une chance pour elle qu’elle était pas dégueulasse à regarder et qu’elle m’achetait de belles quantités. Mais maintenant que je viens d’arriver dans ladite soirée, je me dis que j’ai vraiment été con.

Le bar a été privatisé pour l’occasion. Et ça a grouille de partout. Ca rigole, ça s’esclaffe, ça se serre des coupes de champagne. J’sais pas où j’ai mis les pieds mais il est clair que je suis en compagnie de personnes influentes et pétées de thunes. Et ça me fait chier. Ca me rappelle un peu trop d’où je viens…

Mais il faut pas j’oublie la raison de ma venue : vendre. L’autre pimbêche me promet une nouvelle fois qu’elle a plein de potes intéressés. Des gosses de riche à la recherche d’un peu d’interdit. Et comme si fumer du shit pouvait les faire passer pour des gros rebelles… Mais ce qui est sûr, c’est que je vais me faire une plus grosse marge, histoire de les racketter un peu ces connards prétentieux. Et je lance un sourire qui respire l’hypocrisie à la bourgeoise accrochée à mon bras qui s’est mise à rigoler sans que je comprenne pourquoi. Sûrement une blague de l’autre débile en face avec sa raie sur le côté. Bordel, cette soirée va être une véritable torture.

Et je m’excuse auprès de ma charmante compagne, prétextant le besoin de me rafraichir (alors qu’il s’agit surtout d’une envie de déguerpir pour plus avoir à supporter les trois tonnes de parfum dont elle a aspergé ses vêtements), et je me plante devant le bar. Apparemment, ce soir, pas besoin de payer. Parfait. Je demande un des whiskys les plus chers de la carte. Juste par principe de les faire raquer un peu plus.

Ca pique dans la gorge et ça brûle dans la poitrine. Mais putain, ça fait tellement du bien de plus avoir à supporter la voix de l’autre pétasse. Vivement qu’elle me présente ses potes, que je vende ce que j’ai ramené et que j'me casse. Pour le moment, j’ai juste l’impression d’être son toy-boy qu’elle est venue exhiber histoire de se rendre intéressante. Et devinez quoi ? Ca me plait franchement pas.

Je balaye l’endroit d’un regard. Même si la population vient d’un autre monde, le bar en lui-même est plutôt sympa. L’ambiance est décontractée, un peu sombre mais trop, la musique ne tape pas encore dans les oreilles, en somme, c’est parfait pour inviter les gens à discuter. Les grands de ce monde sont donc probablement là pour négocier, étoffer leur carnet d’adresse et tisser des relations plus ou moins pérennes. J’ai donc strictement rien à foutre ici. Je fais tâche et j’me dis que ça finira tôt ou tard par se remarquer. Merde, fais chier.





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Jude Erwest
manager + coyote
Lun 30 Juil - 20:01





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Une soirée comme une autre. Un masque en plus à porter, parfait, personne ne le remarquera. Je me fond dans la masse comme dans un banc de poissons. Ils se ressemblent tous, ils sont de la même espèce. Ils ne forment qu'un. Mais il y a toujours une faille. Deux, pour être plus précise.
La première viens d'un vertébré aquatique qui ne suis pas le mouvement.
Le second d'une autre espèce infiltrée au groupe.
Et je crois l'avoir trouvée.
Un petit rictus étire mes lèvres alors que je suis accoudée à une colonne, au fond de la salle. Les lumières tamisées reflètent sur le cuir chevelu de nombreuses personnes qui ne cessent de s'esclaffer en cœur.
Un homme, sûrement dans la vingtaine, viens de lâcher une invitée pour s'asseoir au bar.
Il ne perd pas de temps pour picoler, celui-là...
Je m'avance vers lui à pas de velours, la musique ambiante m'aidant à me faire discrète. Pourquoi aller vers lui ? Je veux dire, il serait plus logique de parler affaires et mondanités, à se lécher les bottes, à se rabaisser, à se courber, à s’aplatir. Se retenir de respirer.
Simple intuition.
Sa carrure, ses cheveux, son visage en coupe que j'ai pu difficilement apercevoir... Une certaine sensation m'anime en ce moment précis.
Est-ce à cause de l'ambiance écœurante de la salle ? Sûrement.
Je zigzague entre les invités, en salue certains, souris à d'autres, puis, finalement, arrive à destination.
Je suis juste derrière lui. A quelques centimètres de son large dos.
Je plisse les yeux, impatiente de le voir en sa totalité.
Rien d'érotique dans mes propos.
Juste, le voir. Qui est-t-il vraiment ? Je doute qu'il soit un commercial, ces types restent toujours groupés et à commérer.
Une brebis égarée ?
Oui, c'est ça.
Je passe une main dans mes cheveux courts et réarrange ma tenue. Si toutes les femmes présentes sont en robe courte et décolleté plongeant, je suis la seule à porter un smoking, d'un noir complet, la veste, la chemise où j'ai détaché deux ou trois boutons, la cravate lâche, le pantalon qui souligne mes longues jambes et mes talons aiguilles, des Louboutin pour être plus précise. Comme ça, les personnes peuvent toujours vérifier mon sexe en regardant mes chaussures. Des talons.
Femme.
Horrible.
J'aurai préféré mettre des chaussures plates.
Avant qu'un haut-le cœur ne me tiraille les entrailles, je respire, pas trop profondément pour que ma cible ne se retourne pas, mais assez pour faire passer mon envie de vomir.
Je me penche légèrement vers son épaule et tourne la tête vers son oreille avant de souffler sensuellement dessus.
Il va sursauter.
C'est sûr et certain.
Je me languis sur le développement de la soirée.

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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Ven 3 Aoû - 15:18


le cercle des hypocrites disparus.

Subir est le mot de la situation. Je suis purement et simplement en train de subir cette soirée. Pourquoi, mais pourquoi, j’ai dit oui ? Je suis vraiment qu’un gros con. Et même ce whisky qui est une véritable petite merveille n’arrive pas, un tant soit peu, à adoucir ma mauvaise humeur. En plus de ça, j’ai l’impression qu’àchaque fois que je croise un regard, on me dévisage. Y a cet air de suffisance qu’on me lance, comme si tout le monde savait parfaitement que je n’avais rien à faire ici. Bande de trous du cul.

Je me retiens de grogner et prends une nouvelle gorgée. Un nouveau coup d’œil en direction de ma chère compagne m’indique que je suis pas encore prêt de vendre ma came. Elle glousse avec ses copines et lance des œillades à un vieux plus loin. J’suis en train de me faire doubler par un vieux dégueulasse friqué. La classe.

D’un coup, un frisson me parcoure l’échine. Etrange. Comme un mauvais pressentiment, comme si mes sens se mettaient en alerte. Cette sensation que je ne comprends pas bien, je sais que je la dois à l’animal qui sommeille en moi. L’antilope est craintive et se met sur le qui-vive pour un rien. Malheureusement, je ne comprends pas pourquoi elle s’est soudainement inquiétée.

Et lorsqu’un léger souffle se glisse sur mon oreille, je comprends pourquoi. Je fais littéralement un bond, avant de me retourner tout aussi brusquement. On vient de me souffler dans l’oreille et pourtant j’ai l’impression d’avoir échappé à la mort. Mon cœur est à deux doigts d’exploser dans ma poitrine et je dévisage le connard qui a osé me faire ça. Non mais bordel, qui fait ça ?! Qui vient par derrière pour te souffler dans l’oreille ? A part le gros con qui me fait face, QUI FAIT CA ?!

Mais je comprends rapidement que 1) je me trompe sur le sexe de la personne, que 2) c’est pas grand-chose en soi de se faire souffler dans l'oreille, et que 3) j’me suis fait avoir comme un débile par sa blague de merde.

« J’peux vous aider peut-être ?! »

Ma voix est glaciale. Polaire même. Et mon regard noir se plante dans ceux tout aussi sombre de la femme qui se trouve devant moi. Si tenté qu’il s’agit bien d’une femme. Mais sa talons hauts et la finesse des traits de son visage me font penser que oui. Ce côté androgyne est perturbant. Non pas que je trouve ça bizarre, bien au contraire, mais y a ce quelque chose qui se dégage qui me déstabilise un peu trop. Un quelque chose qui me dit que je joue pas dans la même cour.

« Ou votre façon de dire bonjour c’est juste pour emmerder les gens ? »

J’ai même pas envie d’essayer de comprendre, de faire dans la politesse. Je perds déjà suffisamment mon temps ici alors il est pas question que je m’abaisse à faire des courbettes à une nana portant des fringues qui coûtent plus cher que la totalité de mon appartement.





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Jude Erwest
manager + coyote
Ven 3 Aoû - 19:32





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Si le comique de la situation aurait pu, en cet instant précis, me faire décocher un petit rire satisfait, c'est l'horreur, la haine et la déception qui anima mon visage une demie-seconde.

***
Les lumières du bar me permettent de vaguement distinguer le visage de mon interlocuteur - pas mal du tout d'ailleurs, mais je dois remercier mon intuition de m'avoir guidée jusqu'à lui. Le portrait craché ; à quelques détails près, du patron Jensen, sûrement le "bon à rien de fils" comme il l'a si bien dit, car il ne me semble pas que les Jensen soient invités à cette fête.

J'ai déjà rencontré son père à une importante réunion, et il m'a tout de suite fait penser, en un seul regard, à un de ses hommes continuellement insatisfaits de leurs grandeur, de leurs richesses ainsi que de leurs pouvoir.

Bref, des déchets de la société actuelle.

Je reprends contenance, et étire mes lèvres en un petit sourire. Simple. Basique. Il ne se rends compte de rien. Un tabouret est libre à côté de lui, je le tire et m'installe dessus. L'ambiance du bar est  complètement différente que sur la piste. Ou la jungle. C'est comme ça que je nomme cet endroit, la jungle. Debout, les personnes se bouffent entre-elles, complotent, trahissent.

Elles font appel à leurs plus bas instincts.
Et je fait partie du lot.


Maintenant que je suis assise à côté du gueuleur, l'aura froide et meurtrière qui collait à ma peau s'estompe petit à petit. Sûrement parce-qu'aucun commercial ne me regarde comme une grosse opportunité.

Ce sont les hommes qui me regardent comme une opportunité. Mais de quoi ? D'être dans le lit d'un entrepreneur pour que j'accède à ses désirs ? Que je tombe "follement amoureuse" et que je lui prête de l'argent ?

Beurk. Très peu pour moi.

Je demande au barman un whisky, qu'il me sers tout de suite. Il m'a sans doute reconnue. L'horrible découverte que je viens de faire va sans doute mieux passer avec l'alcool.

J'en bois une petite gorgée, le liquide ambré brûle ma gorge et me chauffe les joues. Je ne sais pas pourquoi ce jeune homme est ici, et à vrai dire, je m'en fiche. Si il est bien le fils du PDG Jersen, il doit savoir un paquet de choses sur l'entreprise de son paternel. Cette soirée à enfin un avantage, celui des confessions.

— Bah, c'est vrai que j'aime bien embêter les inconnus.

Surtout quand celui-ci est un gros poisson.

— Avant toute chose, bonsoir à vous. Que faîtes-vous ici, si ce n'est pas indiscret ? Je doute qu'un entrepreneur ne reste coincé au bar dès qu'il met les pieds dans une fête pompeuse ?

Je le regarde du coins de l’œil, un petit sourire sur le visage.
Allez, montre-moi qui tu es, qui est cet enfant "bon à rien", pourquoi détestes-tu les fêtes de riches et surtout, pourquoi ne me connaît-tu pas ?

Très intéressant.
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Solal Jensen
pizzaïolo | dealer + antilope
Mar 7 Aoû - 16:51


le cercle des hypocrites disparus.

Chouette, l’intruse se permet même de s’installer à côté de moi. Apparemment, je viens de me faire une amie. Supeeeer. Fallait sûrement qu’elle trouve quelqu’un à faire chier et jackpot, j’ai décroché le gros lot. Ce genre de chieuse qui se croit tout permis, je les exècre. Mais qu’est-ce que j’peux dire ? Il lui suffit probablement d’un claquement de doigt pour qu’elle me jette dehors. Je suis rien ici, un vulgaire grain de poussière. Alors qu’elle… elle fait partie de la haute, de ceux qui peuvent tout se permettre. Et malheureusement, celle qui m’a ouvert les portes de ce lieu n’est plus dans mon champ de vision. Elle a dû se faire la malle j’sais pas où avec son vieux. Donc j’ai pas le choix que de faire profil bas. Tout du moins, essayer de le faire. Car j’me connais, ma grande gueule a parfois bien du mal à se la fermer…

Alors je me contente de la fusiller du regard. Avant de porter mon attention sur mon whisky. C’est certain, va m’en falloir plus d’un pour survivre à cette soirée. Mais même les yeux rivés sur mon verre, je ne peux pas vraiment faire abstraction de la présence de l'autre. Et je crispe les mâchoires quand je l’entends commander aussi un whisky. Si j’avais pu, j’aurais sauté au cou du serveur pour l’empêcher de lui servir son putain de verre.

Et sa voix me tire un frisson. Elle daigne enfin répondre et ça me fout la gerbe. J’le sens vraiment mal, me demander pas pourquoi, mais j’le sens mal. J’sais pas qui c’est cette meuf mais bordel, mon petit doigt me dit qu’il faut pas que je fasse n’importe quoi si je veux pas en payer les pots cassés. Il suffit de la regarder pour comprendre qu’elle est pas comme les autres nanas qui sont là pour se pavaner et pour servir de décoration plus qu’autre chose.

« J’suis pas un très bon entrepreneur. Et puis, le whisky est très bon, autant en profiter. »

Bien sûr qu’elle a tout de suite grillé que j’avais pas grand-chose à faire là mais c’est pas comme si j’allais lui sortir « j’suis venu pour vendre de la drogue à tes petits camarades, intéressée ? ». Tant que je sais pas pourquoi elle est venue me parler, tant que je sais pas qui elle est, je dois rester le plus vague possible et éviter les emmerdes.

« Par contre vous, je me demande vraiment pourquoi vous venez perdre votre temps avec moi. Généralement, les femmes s’intéressent à des hommes plus… prometteurs. »

Entendre « riches ». Est-ce que je suis en train de dire que les femmes sont vénales ? Tout à fait. Celles qui sont ici en tout cas. Elles ne s’intéressent jamais à autre chose qu’aux apparences et au fric. Suffit de prendre l’exemple de celle qui m’a ramené, elle m’a oublié à la seconde où elle a flairé un poisson plus intéressant.

« Mais vous marquez un point, cette soirée est véritablement emmerdante. »





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